Mercure & Alzheimer ?


woman biting gray nails in her mouth
Photo de Rodolfo Clix sur Pexels.com

Pas trop envie de faire le buzz sur ce sujet en lançant une fake-news à la cantonnade alors qu’encore aujourd’hui d’éminents professeurs en médecine estiment que la maladie d’Alzheimer n’est qu’une conséquence du viellissement. 

On se dit que les revues indexées dans Medline sont sérieuses, que les Professeurs Joyeux n’y sévissent pas, …. mais un article comme ça mériterait la une du Lancet ou de Science, et leurs auteurs devraient postuler pour le Prix Nobel de médecine…

Qu’avancent t’ils ?

Le mercure est dix fois plus toxique pour les neurones que le plomb. Cette étude a été créée pour déterminer si le mercure pouvait être à l’origine de la maladie d’Alzheimer (MA) en recoupant les effets du mercure avec 70 facteurs associés à la MA. 

Les résultats ont révélé que tous ces facteurs pouvaient être attribués au mercure. Les changements cérébraux caractéristiques de la MA , la perte de mémoire, tous les changements observés pourraient être causés par le mercure. 

Les neurotransmetteurs tels que l’acétylcholine, la sérotonine, la dopamine, le glutamate et la noradrénaline sont inhibés chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer, la même inhibition se produisant dans l’intoxication au mercure. 

Des dysfonctionnements enzymatiques retrouvés chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer peuvent s’expliquer par la toxicité du mercure. 

Des réponses immunitaires et inflammatoires observées chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer se produisent également lorsque les cellules sont exposées au mercure. 

Les facteurs génétiques retrouvés chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer sont également associés au mercure (?). 

Les anomalies des minéraux et des vitamines, en particulier l’aluminium, le calcium, le cuivre, le fer, le magnésium, le sélénium, le zinc et les vitamines B1, B12, E et C, qui se produisent chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer, s’observent également dans l’intoxication au mercure. 

D’autres facteurs observés dans la maladie d’Alzheimer, tels qu’une augmentation de l’activation plaquettaire, une mauvaise identification des odeurs, une hypertension, la dépression, une incidence accrue du virus de l’herpès et des infections à chlamydia, s’observent également lors d’expositions au mercure. 

De plus, les patients diagnostiqués avec la maladie d’Alzheimer présentent des niveaux plus élevés de mercure cérébral, de mercure sanguin et de mercure tissulaire dans certaines études. 

Les plus grandes sources exogènes de mercure cérébral proviennent des amalgames dentaires. 

Leur conclusion 

Cette revue de la littérature suggère fortement que l’intoxication au mercure puisse être une cause de la maladie d’Alzheimer.

Commentaire 

On nous cache tout, on nous dit rien ? Ou un pauvre biais de confusion lié à l’âge qui voit le cerveau s’abimer et les concentrations en mercure augmenter au fil du temps ?  

La discussion devrait être à charge ET à décharge du propos et des conclusions de l’étude, mais elle penche fortement d’un côté… Les auteurs reprennent et poursuivent leurs argumentations :

La discussion

Le mercure est un métal neurotoxique bioaccumulable persistant qui peut s’accumuler dans le cerveau. 

Depuis l’industrialisation, le mercure dans l’air et l’eau a augmenté de 3 à 5 fois, et entre 1977 et 2002, le mercure a augmenté de 4 à 5 fois chez les poissons (augmentation de concentration d’environ 4% chaque année).

La demi-vie du mercure dans le cerveau est de plusieurs années à plusieurs décennies. L’Organisation Mondiale de la Santé classe le mercure parmi les dix produits chimiques les plus dangereux pour la santé publique, et l’Agence américaine pour les substances toxiques le classe dans le tiers supérieur. 

Un argument à décharge

Une étude sur les cerveaux autopsiés a révélé que les concentrations de mercure dans la région occipitale du cerveau augmentaient avec l’âge. 

Les coupables présumés 

L’exposition au mercure chez l’homme provient principalement de la consommation de poisson, des amalgames dentaires et des vaccins (?) à base de mercure.

Pendant des décennies, il y a eu une controverse quant à savoir si l’exposition au mercure provenant de ces sources avait une pertinence clinique. 

Pour la consommation de poisson, il existe des observations contradictoires concernant les résultats chez le sujet sain, car certains types de poissons sont également de grandes sources de sélénium et d’acides gras oméga 3, qui combattent la toxicité du mercure. 

De plus, la forme chimique du mercure dans le poisson a déjà réagi à des molécules comme la cystéine ou le sélénium. Il peut être beaucoup moins toxique que la forme utilisée dans les études de toxicologie ou produites dans le tractus gastro-intestinal des humains par la méthylation du mercure inorganique des amalgames dentaires. 

Mode d’intoxication proposé

Quelles sont les principales sources de mercure dans le cerveau humain ? La surveillance du sang, de l’urine ou d’autres échantillons biologiques dans les organismes vivants n’a pas été corrélée de manière appropriée avec la teneur en mercure du cerveau.

Des rats ont été exposés à la vapeur de mercure et il a été constaté que les concentrations moyennes de mercure dans leur cerveau augmentaient considérablement. 

Les lésions neuronales dans le cerveau du rat étaient similaires ou plus importantes que celles observées dans le cerveau des sujets souffrant de la MA. 

Il a été conclu que de faibles niveaux de vapeur de mercure peuvent inhiber la polymérisation de la tubuline cérébrale (?) essentielle à la formation de microtubules.

Les taux sanguins de mercure chez des patients atteints de MA ont été comparés à un groupe témoin souffrant de dépression majeure et à un autre groupe témoin souffrant de troubles non psychiatriques. Dans la MA précoce, les taux sanguins étaient presque trois fois plus élevés que les témoins. Les taux sanguins de mercure étaient plus de deux fois plus élevés dans l’ensemble du groupe MA par rapport au groupe témoin.

Des études ont montré que le mercure cause des dommages à la barrière hémato-encéphalique. Une fois endommagées, les toxines peuvent pénétrer plus facilement dans le cerveau. Des troubles vasculaires ont également été associés à la MA, et il est connu que le mercure affecte le système cardiovasculaire. Il a été démontré que le méthylmercure endommage le système nerveux central et est associé à un dysfonctionnement vasculaire, une hémorragie et un œdème cérébral. La recherche a montré que l’exposition au mercure peut provoquer une hypertension aiguë et chronique. Une étude a révélé que les sujets avec des amalgames dentaires au mercure avaient une pression artérielle significativement plus élevée, à la fois systolique et diastolique, par rapport à un groupe témoin correspondant à l’âge et au sexe sans amalgames dentaires.

L’incidence de la MA est en baisse (si c’est vrai, bonne nouvelle…). Cela pourrait-il être dû à la diminution de l’utilisation des amalgames dentaires au mercure? La Suède et le Danemark sont des pays qui ont interdit les amalgames. Aux États-Unis, les estimations de l’International Academy of Oral Medicine and Toxicology indiquent qu’environ 50% des dentistes utilisent encore des amalgames dentaires, une forte réduction par rapport aux quatre dernières décennies, et de nombreux autres dentistes ont réduit leur utilisation.

Si le mercure est à l’origine de la MA, il est important de comprendre sa voie vers le cerveau. Selon l’Organisation mondiale de la santé, la plus grande source de mercure provient de l’amalgame dentaire, qui contient 50% de mercure. La vapeur de mercure est libérée en continu de l’amalgame à l’état non ionisé, puis inhalée. Il pénètre ensuite dans les poumons et 80% du mercure est absorbé par le sang. Le mercure traverse ensuite facilement la barrière hémato-encéphalique et s’ionise. Une fois à l’intérieur du cerveau, il se retrouve piégé et a une demi-vie pouvant aller jusqu’à plusieurs décennies. Si le mercure est impliqué, il peut provoquer des changements pathologiques dans le cerveau des décennies avant le diagnostic de la MA.

Des preuves ont été présentées dans cet article qui expliquent comment le mercure peut provoquer presque tous les changements physiologiques et pathologiques qui se produisent dans la MA. Soixante-dix facteurs associés à la MA ont été examinés, et tous peuvent être expliqués par la toxicité du mercure. Une analyse statistique effectuée par le laboratoire de statistique de la Colorado State University a révélé que la probabilité que les 70 changements d’Alzheimer s’expliquent par la toxicité du mercure (70/70) a une probabilité (p) de se produire par le hasard de 0,0001 ou moins. 

Certaines des études mentionnées concernaient des animaux ou étaient des expériences in vitro, et on ne peut pas être sûr qu’elles soient pertinentes pour l’homme. Cependant, le but de cet article était de montrer une relation entre le mercure et les facteurs pathogènes de la MA, et cela s’est avéré être le cas.


Références bibliographiques 

usaallemagne.gifSiblerud R, Mutter J, Moore E, Naumann J, Walach H. A Hypothesis and Evidence That Mercury May be an Etiological Factor in Alzheimer’s Disease. Int J Environ Res Public Health. 2019 Dec 17;16(24). pii: E5152. doi: 10.3390/ijerph16245152.

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