Troubles périnéaux & lombalgie : facteurs prédictifs 


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Elle vient pour des douleurs lombo-pelviennes et vous voulez savoir si elle souffre aussi de troubles périnéaux. Le plus simple, c’est de lui demander, mais peut être qu’il existe des lombalgiques plus exposés que d’autres à ces troubles. C’est ce qu’a recherché cette étude.

Il existe des preuves suggérant qu’une grande proportion de personnes consultant pour des douleurs lombo-pelviennes présentent également une dysfonction musculaire du plancher pelvien (DMPP), mais il n’est pas toujours pratiquement possible d’évaluer cette la musculature de prime abord, pour des raisons évidentes, techniques, culturelles, sociétales. 

Les auteurs citent une étude (Dufour 2018) qui considère que la quasi-totalité des femmes consultant pour lombalgie ont à des degrés divers ce type de dysfonction.

Objectifs 

Établir une combinaison de facteurs (auto-déclarés et physiques) prédictifs de la DMPP chez les femmes souffrant de douleurs lombo-pelviennes.

Conception 

Étude transversale.

Méthodes 

Les participantes ont rempli une batterie d’auto-évaluations et d’évaluations physiques (les évaluateurs étaient en aveugle des troubles déclarés). 

Trois signes cliniques ont été retenu pour caractériser la DMPP :

  • Faiblesse musculaire
  • Manque de coordination
  • Sensibilité musculaire à la palpation (palpation de l’obturateur interne en bilatéral). 

Des analyses de régression logistique univariées et multivariées ont été utilisées pour déterminer la mesure dans laquelle différents facteurs prédictifs étaient associés à la DMPP.

Tests 

PERFECT test, test des obturateurs internes, Active Leg Raise test, Forced Faber test.

Scores & signes

Pain Catastrophizing Scale, Central Sensitization Inventory, indications cliniques d’insuffisances du plancher pelvien. 

Résultats 

Cent huit femmes souffrant de douleurs lombo-pelviennes autodéclarées (au cours de la dernière semaine) ont été incluses dans l’étude (moyenne d’âge 40.4 ± 12,6 ans). 

Aucun des facteurs examinés n’a prédit une faiblesse musculaire du plancher pelvien.

Deux facteurs prédisaient indépendamment la sensibilité des muscles du plancher pelvien à la palpation : 

  • Envies urinaires très fortes et / ou incontrôlables (odds ratio de 2.93 IC95%[1.13-7.59])
  • Scores de l’inventaire central de sensibilisation à la douleur de 40 ou plus ( OR de 3.13 IC95%[1.08-9.10]).

Limites 

L’échantillon était composé de jeunes femmes, dont certaines ne recherchaient pas activement des soins. La technique d’évaluation de la sensibilité palpatoire des muscles du plancher pelvien nécessite une validation supplémentaire.

Conclusion des auteurs

Les femmes qui ont une douleur lombo-pelvienne, des mictions impérieuses et une hypersensibilité d’origine centrale sont, en moyenne, 2 fois plus susceptibles de présenter des tests pelviens positifs quant à la sensibilité palpatoire des muscles du plancher pelvien. D’autres études sont nécessaires pour valider et étendre ces résultats.

Commentaire 

Une conclusion qui fini en eau de boudin… 

  1. Des patients hypersensibles sont généralement hypersensibles, et pas seulement au niveau des douleurs motivant la consultation. C’est vrai pour les rachialgiques, qui auront plus mal si on leur mord le gros orteil que s’il ne sont pas rachialgiques. Pas étonnant que leur plancher pelvien soit hypersensible, comme leur gros orteil.
  2. Si on demande à une patiente si elle a des problèmes d’incontinence et qu’elle répond «oui», il est plus probable qu’elle ait des problèmes d’incontinence plutôt qu’elle n’en ait pas 🙂

Il reste que le nombre important de patientes souffrant de problèmes pelviens et lombaires implique que la question soit posée et qu’un traitement soit proposé. De toute manière, s’enquérir de troubles mictionnels dans une lombalgie fait partie de la recherche des contre-indications à la kinésithérapie.


Références bibliographiques  

canadaKeizer A, Vandyken B, Vandyken C, Yardley D, Macedo L, Kuspinar A, Fagahani N, Forget MJ, Dufour S. Predictors of Pelvic Floor Muscle Dysfunction Among Women With Lumbopelvic Pain. Phys Ther. 2019 Dec 16;99(12):1703-1711. doi: 10.1093/ptj/pzz124.

(Article en accès libre) 

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