L’alliance thérapeutique : À chaque pot son couvercle ?


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Photo de Christina Morillo sur Pexels.com
Selon les auteurs de cette mise au point, l’alliance thérapeutique est un concept émergent dans la pratique de la physiothérapie, reflétant le passage du paradigme biomédical vers un modèle biopsychosocial.
Il y est écrit qu’il s’agit d’une construction dynamique au sein de la rencontre clinique, influencée réciproquement entre la personne demandant des soins et le physiothérapeute par des facteurs contributifs biologiques, sociaux et psychologiques [Søndenå 2020].

La «communication» peut jouer un rôle de catalyseur dans l’opérationnalisation de l’AT dans un contexte de physiothérapie. 

Les auteurs recommandent que les étudiants soient formés à cette alliance thérapeutique.

J’entend bien qu’il s’agisse de s’éloigner d’un concept de délivrance d’un packaging standardisé de tests et techniques ciblant une problématique donnée au profit d’une adaptation continue de la séance aux besoins du patient. On part du prêt à porter pour aller vers le costume taillé sur mesure, le client décidant où mettre les poches. 

C’est bien ; le patient devient une personne adulte et n’a plus besoin d’être materné. Sauf s’il le demande et que cela semble la meilleure solution pour lui ? Ou pas ?

Le rôle de l’alliance thérapeutique dans la kinésithérapie des troubles musculo-squelettiques. Une revue systématique.

Rédigé originellement le Dimanche 14 Octobre 2018

 

Cette étude a cherché à déterminer l’impact spécifique de l’alliance thérapeutique (AT) sur les douleurs musculo-squelettiques chroniques, identifier les facteurs l’influençant et la façon de la pratiquer.

Méthodes

Les bases de données PubMed, CINHAL et Embase, ont été consultées du début à la fin janvier 2017.

La recherche initiale a abouti à 451 articles. Après application des critères d’exclusion, sept études ont été identifiées portant sur le rôle de l’AT dans la gestion de la douleur chronique en physiothérapie.

Le risque de biais a été évalué à l’aide de la méthodologie de la collaboration Cochrane.

Résultats

Trois études ont examiné l’influence d’une alliance thérapeutique puissante associé à la physiothérapie sur la douleur. Quatre études ont identifié des facteurs ayant une influence positive et négative.

Mais au fait, c’est quoi l’alliance thérapeutique ?

C’est un concept émanant de la psychologie. Le terme «alliance de travail» a été utilisé pour la première fois en 1967 pour décrire une relation de collaboration positive entre un patient et un thérapeute, considérée comme essentielle au succès de la thérapie.

La définition actuelle continue de mettre l’accent sur une relation de collaboration caractérisée par une confiance réciproque entre le client et le clinicien, ainsi que par le développement d’objectifs et d’interventions convenus d’un commun accord.

Depuis, son rôle s’est développé à partir de l’idée que la relation entre le client et le clinicien peut être une thérapie à part entière, de la conviction qu’elle permet au patient d’accepter et de suivre le traitement fidèlement.

Les facteurs défavorables selon le patient

Hostilité, colère exprimée.

Les facteurs défavorables selon le praticien

Expression d’une colère importante associée à une forte dépression

Les facteurs favorables selon le patient

  • Confiance, communication ouverte.
  • Le thérapeute est perçu comme ayant le meilleur intérêt du patient à l’esprit.
  • Approche holistique du patient.
  • Thérapeute considéré comme plus qu’un simple professionnel
  • Plan de traitement adapté et individualisé
  • Thérapeute capable de relever les défis de la relation patient-clinicien

Les facteurs favorables selon le praticien

  • Bon rapport, relation de confiance, soutien
  • Besoin affirmé d’une participation active
  • Identification des valeurs du patient
  • Identification des limites du patient
  • Savoir comment optimiser un plan de traitement pouvant emporter l’adhésion du patient

Conclusions

De nouvelles preuves sont en faveur de l’intérêt de l’AT.

Commentaire

Nul doute que l’alliance thérapeutique fasse partie intégrante des enseignements et formations post-graduées, mais j’espère qu’on en fait pas des tonnes, parce que comment dire : j’ai un peu l’impression qu’on enfonce des portes ouvertes, non ?


Références bibliographiques

Meredith Kinney, Jasmine Seider, Amanda Floyd Beaty, Kaitlin Coughlin, Maximilian Dyal & Derek Clewley (2018): The impact of therapeutic alliance in physical therapy for chronic musculoskeletal pain: A systematic review of the literature, Physiotherapy Theory andPractice, DOI: 10.1080/09593985.2018.1516015

Résumé disponible en ligne

Articles en rapport avec le sujet

grandebretagneSøndenå P, Dalusio-King G, Hebron C. Conceptualisation of the therapeutic alliance in physiotherapy: is it adequate? Musculoskelet Sci Pract. 2020 Apr;46:102131. doi: 10.1016/j.msksp.2020.102131.

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