AINS & lombalgie aiguë. Une revue Cochrane


Cochrane

En 2008, une revue Cochrane avait été publiée sur l’efficacité des AINS pour la lombalgie (aiguë, chronique et sciatique), identifiant un effet faible mais significatif en faveur des AINS par rapport au placebo pour la réduction de la douleur à court terme et l’amélioration globale chez les participants souffrant de lombalgie aiguë. Il s’agit d’une mise à jour de l’étude précédente, axée sur la lombalgie aiguë.
D’après cette mise à jour, pas trop d’effets secondaires retrouvés sur le court-terme mais pas d’efficacité cliniquement significative non plus…

Critères de sélection : 

Les études contrôlées randomisées incluses évaluaient l’utilisation d’un ou plusieurs types d’AINS par rapport à un placebo (la principale comparaison) ou à des traitements alternatifs pour la lombalgie aiguë chez les adultes.

Principaux résultats : 

32 études contrôlées randomisées (5356 participants âgés entre 16 à 78 ans) ont été incluses. Elles suivaient les patients entre un jour et six mois. 

Les études ont été menées dans le monde entier, la majorité d’entre elles ayant eu lieu en Europe et en Amérique du Nord. L’Afrique et la région de la Méditerranée orientale n’étaient pas représentées. 

Sept études présentant un faible risque de biais. Les auteurs ont souvent constaté un manque d’information sur les procédures de randomisation et la dissimulation de l’attribution (biais de sélection) ; les études étaient sujettes à un biais de déclaration sélectif, puisque la plupart des études n’ont pas enregistré leurs essais. Près de la moitié des études étaient financées par l’industrie. 

Il existe des preuves de qualité modérée que les AINS soient légèrement plus efficaces dans la réduction à court terme (≤ 3 semaines) de l’intensité de la douleur (échelle visuelle analogique (EVA), 0 à 100) que le placebo. 

Il existe des preuves de grande qualité que les AINS soient légèrement plus efficaces pour améliorer l’invalidité à court terme (avec un questionnaire Roland Morris qui diminue de l’ordre de 2 points). L’ampleur de ces effets est faible et n’est probablement pas pertinente sur le plan clinique. 

Il existe des preuves de faible qualité que les AINS soient légèrement plus efficaces pour une amélioration globale à court terme que le placebo, mais il y avait une hétérogénéité substantielle entre les études. 

Il existe des preuves de très faible qualité de l’absence de différence nette dans la proportion de participants subissant des effets indésirables lors de l’utilisation d’AINS par rapport au placebo. 

Il existe des preuves de très faible qualité de l’absence de différence claire entre la proportion de participants qui pourraient retourner au travail après sept jours entre ceux qui ont pris des AINS et ceux qui ont pris un placebo. 

Il existe des preuves de faible qualité de l’absence de différence nette dans la réduction à court terme de l’intensité de la douleur entre ceux qui ont pris des AINS inhibiteurs sélectifs de la COX-2 et ceux qui ont pris des AINS non sélectifs. 

Il existe des preuves de qualité moyenne de résultats contradictoires pour l’amélioration de l’invalidité à court terme entre les groupes. Des preuves de faible qualité provenant d’un essai (N = 333) ne font état d’aucune différence claire entre les groupes en ce qui concerne la proportion de participants connaissant une amélioration globale. 

Il existe des preuves de très faible qualité de l’absence de différence claire dans la proportion de participants subissant des effets indésirables entre ceux qui ont pris des inhibiteurs de la COX-2 et des AINS non sélectifs. Aucune donnée n’a été rapportée pour le retour au travail.

Conclusions des auteurs : 

Cette mise à jour comprend 32 essais visant à évaluer l’efficacité des AINS chez les personnes souffrant de lombalgie aiguë. 

La qualité des preuves allait de élevée à très faible, de sorte que la poursuite des recherches est (très) susceptible d’avoir un impact important sur leur confiance dans les estimations de l’effet, et pourrait modifier les estimations. 

Les AINS semblent être légèrement plus efficaces que le placebo pour la réduction de la douleur à court terme (certitude moyenne), l’invalidité (certitude élevée) et l’amélioration globale (faible certitude), mais l’ampleur des effets est faible et probablement non pertinente sur le plan clinique. 

Il n’y avait pas de différence claire dans la réduction de la douleur à court terme (faible certitude) lorsqu’étaient comparés les inhibiteurs sélectifs de la COX-2 aux AINS non sélectifs. 

Les auteurs n’ont trouvé que très peu de preuves de l’absence nette de différence dans la proportion de participants subissant des effets indésirables, tant dans la comparaison des AINS par rapport au placebo que dans celle des inhibiteurs sélectifs de la COX-2 par rapport aux AINS non sélectifs. 

Ils n’ont en conséquence pas été en mesure de tirer des conclusions sur les effets indésirables et la sécurité des AINS pour une utilisation à plus long terme, car ils n’ont inclus que des études contrôlées randomisées axées principalement sur l’utilisation à court terme des AINS et sur un suivi de courte durée. Or, ceux-ci ne sont pas optimaux pour répondre aux questions sur les événements indésirables rares ou à plus long terme.


Références bibliographiques 

danemarkhollandeWendelien H van der Gaag, Pepijn Ddm Roelofs, Wendy Tm Enthoven, Maurits W van Tulder, Bart W Koes. Non-steroidal Anti-Inflammatory Drugs for Acute Low Back Pain. Cochrane Database Syst Rev. 2020 Apr 16;4(4):CD013581. doi: 10.1002/14651858.CD013581.

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