Selon des chiropracteurs, les lombalgiques devraient aller les voir même quand ils n’ont pas mal


12998_2020_309_Fig5_HTML
Graphique issu de l’étude

Selon vous, qu’est-ce qui peut motiver les chiropracteurs à faire une telle étude ? Moi, je sais : l’Amour de la Science et de la Pratique Basée sur les Preuves.

N’empêche que les auteurs ont mis au point un outil de bilan génial que nous ne sommes pas capables de faire avec tous nos superbes logiciels de bilan kiné en quadrichromie sur tablette : envoyer automatiquement un SMS à chaque patient toute les semaines, toute l’année, pour lui demander s’il a eu mal la semaine passée et collecter ses données (du styleCatch My Pain).

Alors on critique, on critique, peut être qu’ils ont bidouillé les données pour les faire apparaître sous un jour favorable, mais eux, au moins, ils peuvent avancer des preuves factuelles.

Qu’évoque cette étude ?

Une étude récente a montré que les patients consultant un chiropraticien avaient moins de jours avec une activité limitée par la lombalgie lorsqu’ils recevaient des soins à intervalles réguliers pré-programmés, indépendamment des symptômes (soins dit «d’entretien»), par rapport à ceux qui ne recevaient un traitement qu’en cas de nouvel épisode de lombalgie. 

Les avantages varient selon des sous-groupes de patients, classés en fonction de leurs profils psychologiques. 

Les objectifs de cette étude étaient d’étudier :

  • Les évolutions de la douleur entre les traitements, 
  • La récurrence de nouveaux épisodes de lombalgie, 
  • La durée des périodes consécutives sans douleur,
  • Le nombre total de semaines sans douleur, pour tous les participants à l’étude ainsi que pour chaque sous-groupe.

Méthodes : 

Une analyse secondaire des données d’un essai contrôlé randomisé portant sur 319 patients demandeurs de soins chiropratiques pour une lombalgie récurrente ou persistante a utilisé 52 estimations hebdomadaires de jours avec une lombalgie limitant l’activité. 

L’évolution de la douleur a été faite avant et après le traitement initial dans chaque nouvelle période de traitement. 

Une analyse du temps avant l’événement a estimé le temps jusqu’à/le risque d’un nouvel épisode de lombalgie. 

Les analyses ont été effectuées sur tous les participants à l’étude et séparément pour chaque sous-groupe psychologique (appelé « adaptive copers« , « interpersonally distressed » et « dysfunctional« ) classé par le West Haven-Yale Multidimensional Pain Inventory.

En pratique 

L’indicateur principal a été le nombre de jours avec une lombalgie gênante (limitant l’activité). 

Il a été enregistré toutes les semaines à l’aide d’un système de messagerie automatisé (SMS-track®) qui a permis aux auteurs de suivre en temps réel le processus de collecte des données à partir d’une interface web.

Ainsi, les patients recevaient le message suivant : « Combien de jours au cours de la semaine écoulée avez-vous été gêné par le bas de votre dos (c’est-à-dire que cela a affecté vos activités quotidiennes ou vos routines) ?» 

Si le patient ne répondait pas au SMS hebdomadaire, un rappel automatique était envoyé après 48 heures. 

Si le patient ne répondait pas après 2 semaines, un assistant de recherche appelait le patient pour répondre à toute préoccupation qui aurait pu l’empêcher de répondre. 

Lors du suivi, le chiropraticien remplissait un questionnaire dans lequel il devait examiner le dossier clinique de chaque patient et noter les dates de toutes les visites pendant la période d’étude. Ces informations ont ensuite été utilisées pour modéliser l’analyse de la trajectoire.

Résultats  

Les patients bénéficiant des traitement chiropractiques à intervalles réguliers ont eu des trajectoires de douleur plus plates à chaque nouvelle période de traitement et ont rapporté moins de jours avec douleur par rapport aux patients ne consultant que lors des nouveaux épisodes aigus. 

Conclusion des auteurs  

Les données soutiennent le fait d’aller voir le chiropracteur quand on n’a pas mal 🙂 Pour un groupe soigneusement sélectionné de patients souffrant de lombalgie récurrente et persistante, l’évolution clinique devient plus stable et le nombre de semaines sans douleur entre les épisodes augmente grâce à ça. 


Références bibliographiques 

suededanemarkAndreas Eklund, Jan Hagberg, Irene Jensen, Charlotte Leboeuf-Yde, Alice Kongsted, Peter Lövgren, Mattias Jonsson, Jakob Petersen-Klingberg, Christian Calvert, Iben Axén. The Nordic Maintenance Care Program: Maintenance Care Reduces the Number of Days With Pain in Acute Episodes and Increases the Length of Pain Free Periods for Dysfunctional Patients With Recurrent and Persistent Low Back Pain – A Secondary Analysis of a Pragmatic Randomized Controlled Trial. Chiropr Man Therap. 2020 Apr 21;28(1):19. doi: 10.1186/s12998-020-00309-6.

(article en accès libre) 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s