Accident de voiture & lombalgie : quel rapport ?


adulte automobile brouiller chauffeur
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La cervicalgie attribuée à un fléau cervical lors d’une collision automobile est un classique, mais est-ce de même pour la lombalgie ?

Au moins 31 % des sujets se plaignent de persistance d’une lombalgie un an après l’accident.

L’interprétation de ce résultat est difficile étant donné l’incidence élevée de lombalgies dans la population générale non exposée à un accident de la route. Les études de risque avec des groupes témoins de comparaison ont été examinées dans cette revue systématique.

Méthodologie : 

Une recherche systématique a été effectuée dans cinq bases de données électroniques entre 1998 et 2019. Les études admissibles décrivant l’exposition à un accident et le risque de future lombalgie non spécifique ont fait l’objet d’une évaluation à l’aide de l’instrument QUIPS (Quality in Prognosis Studies). Les résultats ont été résumés en utilisant les principes de synthèse des meilleures preuves, une méta-analyse des effets aléatoires et des tests de biais de publication.

Synthèse : 

La stratégie de recherche a permis d’obtenir 1136 articles, dont trois se sont révélés présenter un risque de biais faible à moyen après évaluation critique. 

Les trois études ont fait état d’une association positive entre collision automobile et future lombalgie. 

L’analyse combinée des résultats a donné un risque relatif non ajusté de future lombalgie dans la population exposée et blessée par un accident de voiture par rapport à la population non exposée de 2,7 IC95 % [1,9 à 3,8]), ce qui équivaut à un risque attribuable de 63 % dans la population exposée.

Conclusions : 

La littérature indique une association positive constante. 

Pour le patient souffrant de lombalgie chronique ayant été initialement blessé lors d’un accident de la route, dans 63 % des cas l’accident de la route est reconnu comme facteur initial.

Ces résultats sont susceptibles d’intéresser les cliniciens, les assureurs, les patients, les gouvernements et les tribunaux. De futures études sur des populations générales et cliniques permettraient de renforcer ces résultats.

Commentaire :

Une revue systématique à double-tranchant, plus dangereuse qu’utile : ce n’est pas parce que l’accident de la route a provoqué un catastrophisme chez un patient destiné à devenir lombalgique qu’il faut systématiquement demander à ce patient s’il en a eu un dans ses antécédents ni renforcer les croyances que cette lombalgie persistante serait dûe à un rachis «mal réparé» ou «de travers».

Ce n’est juste qu’un DIM de plus à combattre par le discours. Il est peut être juste moins fréquent qu’en cervical de part le sentiment d’une moins grande fragilité lombaire ? Dans la même revue, un article est consacré à «maux de tête» et accident de voiture…

Pour en savoir plus sur les DIMs et les SIMs


Références bibliographiques 

canadahollandePaul S Nolet, Peter C Emary, Vicki L Kristman, Kent Murnaghan, Maurice P Zeegers, Michael D Freeman. Exposure to a Motor Vehicle Collision and the Risk of Future Back Pain: A Systematic Review and Meta-Analysis. Accid Anal Prev. 2020 May 18;142:105546. doi: 10.1016/j.aap.2020.105546. 

(article en accès libre) 

Carol Cancelliere, Eleanor Boyle, Pierre Côté, Lena W Holm, Louis-Rachid Salmi, J David Cassidy. Development and Validation of a Model Predicting Post-Traumatic Headache Six Months After a Motor Vehicle Collision in Adults. Accid Anal Prev. 2020 May 20;142:105580. doi: 10.1016/j.aap.2020.105580.

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