Les exercices en extension de type McKenzie


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Ces exercices font partie d’un protocole d’exercices mis au point par le physiothérapeute Robin Anthony McKenzie dans les années 1950 et popularisé vers 1985. 

La méthode McKenzie, également connue sous l’acronyme MDT (Mechanical Diagnosis and Therapy), est largement utilisée comme système de classification pour le diagnostic et le traitement de diverses affections musculo-squelettiques, notamment les douleurs du bas du dos, du cou et des membres. 

Avec le temps, les exercices McKenzie sont devenus synonymes d’exercices d’extension de la colonne vertébrale, contrairement aux exercices Williams (du nom du Dr Paul C. Williams) qui sont devenus synonymes d’exercices de flexion lombaire. 

La méthode McKenzie est largement acceptée comme un programme efficace pour les douleurs rachidiennes. 

Elle met l’accent sur l’autotraitement par la correction de la posture et des mouvements répétés d’exercices en fin de parcours effectués à haute fréquence. 

Pour le rachis, elle repose sur l’identification et la classification des douleurs non spécifiques de la colonne vertébrale en sous-groupes homogènes. 

Ces sous-groupes sont basés sur les réponses similaires des symptômes d’un patient lorsqu’il est soumis à des forces mécaniques. 

Les sous-groupes comprennent le syndrome postural, le syndrome de dysfonctionnement, le syndrome de dérangement ou « autre », avec des plans de traitement dirigés vers chaque sous-groupe. 

La méthode McKenzie met l’accent sur le phénomène de centralisation dans l’évaluation et le traitement de la douleur vertébrale, dans laquelle la douleur provenant de la colonne vertébrale se réfère distalement, et par des mouvements répétitifs ciblés, la douleur migre en direction de la colonne vertébrale. 

Le clinicien utilisera ensuite les informations obtenues à partir de cette évaluation pour prescrire des exercices spécifiques et conseiller les postures à adopter ou à éviter. 

Grâce à un programme de traitement individualisé, le patient effectuera des exercices spécifiques à domicile environ dix fois par jour, au lieu d’une ou deux visites de physiothérapie par semaine. 

Selon la méthode McKenzie, s’il n’y a pas de restauration de la fonction normale, il n’y aura pas de guérison des tissus et le problème persistera. 

Classification : 

Le syndrome postural est une douleur qui est causée par une déformation mécanique des tissus mous ou du système vasculaire résultant d’un stress postural prolongé. 

Celles-ci peuvent affecter les surfaces articulaires, les muscles ou les tendons, et peuvent survenir en position assise, debout ou couchée. La douleur peut être reproductible lorsque ces personnes maintiennent des positions ou des postures pendant des périodes prolongées. 

Les mouvements répétés ne devraient pas affecter les symptômes, et le soulagement de la douleur se produit généralement immédiatement après la correction d’une posture anormale. 

Le syndrome de dysfonctionnement est une douleur qui est causée par la déformation mécanique des tissus mous structurellement altérés ; cela peut être dû à des processus traumatiques, inflammatoires ou dégénératifs, entraînant une contraction des tissus, une cicatrisation, une adhésion ou un raccourcissement adaptatif. La marque distinctive est une perte de mouvement et une douleur à la fin de l’amplitude de mouvement. Le dysfonctionnement comporte des sous-syndromes basés sur la direction de la fin de course qui provoque cette douleur : sous-syndromes de flexion, d’extension, de glissement latéral, multidirectionnel, de racine nerveuse adhérente et de piégeage de la racine nerveuse. Un traitement réussi se concentre sur l’éducation du patient et les exercices de mobilisation qui se concentrent sur la direction du dysfonctionnement/direction de la douleur. L’objectif est le remodelage des tissus, qui peut être un processus prolongé. 

Le syndrome de dérangement est le syndrome de douleur le plus fréquemment rencontré. Selon une étude, sa prévalence pourrait atteindre 78 % des patients classés selon la méthode McKenzie. Il est causé par une dislocation interne du tissu articulaire, entraînant une perturbation de la position normale des surfaces articulaires affectées, déformant la capsule et les ligaments de soutien périarticulaires. Ce dérangement va à la fois générer de la douleur et entraver le mouvement dans la direction du déplacement. 

Il existe sept sous-syndromes différents qui sont classés selon la localisation de la douleur et la présence, ou l’absence, de déformations. La douleur est généralement provoquée par des mouvements d’évaluation provocateurs, tels que la flexion ou l’extension de la colonne vertébrale. 

La centralisation et la périphérisation des symptômes ne peuvent se produire que dans le syndrome de dérangement. 

Ainsi, le traitement du syndrome de dérangement se concentre sur des mouvements répétés dans une seule direction qui provoquent une réduction progressive de la douleur. 

Des études ont montré une prévalence de 58% à 91% de la centralisation des douleurs lombaires. Des études ont également montré qu’entre 67 % et 85 % des centralisateurs affichaient une préférence directionnelle pour une extension de la colonne vertébrale. 

Cette préférence peut expliquer en partie pourquoi la méthode McKenzie est devenue synonyme d’exercices d’extension de la colonne vertébrale. 

Toutefois, il faut veiller à diagnostiquer avec précision la direction de la douleur, car une étude contrôlée randomisée a montré que le fait de donner une « mauvaise » direction aux exercices peut en fait entraîner de moins bons résultats. 

Le syndrome autre ou non mécanique désigne tout symptôme qui ne correspond pas aux autres syndromes mécaniques, mais qui présente des signes et des symptômes d’autres pathologies connues ;  parmi ces exemples figurent le canal lombaire étroit, les atteintes sacro-iliaques, celles de la hanche, les troubles zygapophysaires, les complications post-opératoires, les lombalgies secondaires à la grossesse, la spondylolyse et le spondylolisthésis.


Références bibliographiques 

Steven J. Mann, Jason C. Lam, Paramvir Singh. McKenzie Back Exercises. StatPearls [Internet]. Treasure Island (FL): StatPearls Publishing; 2020 Jan.

(article en accès libre) 

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