Il ne suffit pas de dire à un patient fibromyalgique de «se bouger» 


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Photo de Tim Savage sur Pexels.com

Aller plus loin que le simple conseil

Une étude qualitative basée sur des entretiens individuels semi-structurés et approfondis a recherché les facteurs pouvant favoriser l’activité physique chez les femmes atteintes de fibromyalgie. 

Quatorze femmes atteintes de fibromyalgie, âgées de 38 à 65 ans, recrutées à partir d’un précédent essai contrôlé randomisé étudiant les effets de l’exercice de résistance progressive centré sur la personne par rapport à la thérapie de relaxation ont été interviewées dans un cadre hospitalier.

Résultats : 

L’analyse a permis d’établir quatre catégories : 

  • Le désir d’être physiquement active, 
  • Le fait de trouver le niveau et de créer les conditions adéquates, 
  • La gestion de la douleur 
  • La réalisation de l’exercice.

Ca tombe bien, c’est un peu notre domaine de compétence.

Conclusion : 

Cette étude révèle plusieurs facteurs, à la fois personnels et environnementaux, qui favorisent la capacité à être physiquement actif lorsqu’on vit avec la douleur et d’autres symptômes de la fibromyalgie. 

Les participantes ont exprimé que, bien qu’ils aient le désir d’être physiquement actifs, ils ont besoin du soutien et des conseils d’un professionnel ayant les connaissances adéquates pour les aider à trouver le niveau d’exercice approprié. 

Elles ont également exprimé le besoin que le professionnel comprenne leurs préférences et les utilise comme base pour créer les conditions adéquates, les aider à apprendre à gérer la douleur et les soutenir dans la pratique de l’exercice [Larsson 2020].

Un programme clé en main pour une fibromyalgie active

L’amélioration des patients souffrant de fibromyalgie passe obligatoirement par une prise en charge active. Une fois énoncé cela, la thérapie va du simple conseil «vous devriez faire du sport !» à un protocole digne de l’incorporation dans la Légion Étrangère.

Quelle posologie ? en faisant quoi ?

Les participantes de ce groupe ont été inscrits à un programme d’éducation physique de faible intensité combinant un entraînement d’endurance (c’est-à-dire des exercices aérobie et de résistance à faible charge visant à améliorer l’endurance) et de coordination, supervisé par un kinésithérapeute spécialisé dans les prises en charge actives. 

Toutes les séances d’entraînement sont effectuées au même moment de la journée et dans la même salle. 

Le protocole administré comprend 16 séances, effectuées deux fois par semaine (60 minutes chacune) pendant huit semaines. 

Les séances sont divisées en deux étapes, la première (c’est-à-dire les séances 1 à 4) étant consacrée à l’adaptation et à la familiarisation des participantes avec l’exercice, et la seconde (c’est-à-dire les séances 5 à 16) visent un entraînement personnalisé de la force et de la coordination. 

A cet égard, l’intensité de l’entraînement a été ajustée en contrôlant l’effort perçu par l’individu à l’aide de l’échelle de Borg.

Chaque séance est divisée en trois parties : échauffement, entraînement et récupération.

1- L’échauffement consiste à marcher à un rythme lent et à mobiliser les principales articulations (cou, épaules, coudes, poignets, hanches, genoux et chevilles) dans des amplitudes usuelles pour le patient. 

2- L’entraînement de la première étape (séances 1 à 4) consistait à marcher à une vitesse confortable pendant 15 minutes, à effectuer un circuit de 10 exercices pendant 25 minutes et à se refroidir pendant 20 minutes. 

Les 10 exercices

1. Preacher curl while standing, palms facing forward

2. Leg extension while seated by lifting a sandbell

3. Bilateral dumbbell front raise while standing

4. Standing hip abduction with a soft elastic band 

5. Chest lateral pull-ups while standing

6. Dumbbell shoulder external and internal rotation while standing

7. Sitting down and standing up from a chair without using arms

8. Throwing a ball above the head and catching it

9. Standing calf raise

10. Low Step-ups

Les exercices étaient effectués à l’aide d’haltères et de poids de 1 kg à une vitesse déterminée par un métronome réglé à 60 battements par minute. Pour garantir un effort perçu faible ou très faible, l’effort perçu était enregistré après chaque séance et la charge de travail était ajustée individuellement pour la séance suivante.

Dans la deuxième étape (5ème à 16ème séance), après un échauffement de 10 minutes, les participants devaient répéter autant de fois que possible en 1 minute les 10 exercices pendant 40 minutes, en indiquant, dans ce cas, un effort perçu de 3-4 sur l’échelle de Borg, pour assurer un effort modéré. 

Le retour au repos consiste à marcher à un rythme lent, puis à étirer le rachis en respirant profondément, en restant allongé sur le sol.

La charge de travail variait selon les participantes, puisqu’elles étaient autorisées à adapter l’exercice en fonction de la douleur ou de l’effort qu’elles percevaient chaque jour.

Cependant, le nombre de répétitions se situait toujours entre 15 et 25 (recommandations proposées par le Guide 2014 de l’American College of Sports Medicine pour améliorer l’endurance musculaire). 

L’entraînement de résistance à faible charge utilise des haltères/poids avec des charges allant de 0,5 à 2 kg pour les membres supérieurs, et de 1 à 3 kg pour les membres inférieurs. Une bande élastique souple est aussi utilisée.

Validité 

BoussoleTrente-deux femmes souffrant de FM ont été réparties au hasard entre un groupe actif (n = 16), effectuant un programme de faible intensité de huit semaines et un groupe témoin (n = 16). 

La douleur, le catastrophisme, l’anxiété, la dépression, le stress, l’acceptation de la douleur, les seuil de douleur à la pression, la qualité de vie, la capacité fonctionnelle auto-perçue, l’endurance et la capacité fonctionnelle, …, ont été évaluées avant et après l’intervention. Une amélioration significative de toutes les variables étudiées dans le groupe expérimental a été retrouvée après l’intervention (p < 0,05…). 

En revanche, le groupe contrôle n’a montré aucune amélioration dans aucune variable.


Références bibliographiques

espagneRuth Izquierdo-Alventosa, Marta Inglés, Sara Cortés-Amador, Lucia Gimeno-Mallench, Javier Chirivella-Garrido, Juri Kropotov, Pilar Serra-Añó. Low-Intensity Physical Exercise Improves Pain Catastrophizing and Other Psychological and Physical Aspects in Women With Fibromyalgia: A Randomized Controlled Trial. Int J Environ Res Public Health. 2020 May 21;17(10):E3634. doi: 10.3390/ijerph17103634.

(Article en accès libre) 

suedeAnette Larsson, Caroline Feldthusen, Kaisa Mannerkorpi. Factors promoting physical activity in women with fibromyalgia: a qualitative interview study. BMJ Open. 2020 Aug 11;10(8):e031693. doi: 10.1136/bmjopen-2019-031693.

Article en accès libre en cliquant sur le lien du titre.

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