Le microbiote intestinal impliqué dans les pathologies chroniques et la dépression


flat lay photography of variety of vegetables

Microbiote intestinal & pathologies chroniques

De nouvelles preuves relient le microbiote intestinal à plusieurs maladies chroniques. Cependant, les relations entre syndrome métabolique, obésité et microbiote intestinal sont incohérentes. Cette étude visait à étudier les associations entre la composition et la diversité du microbiote intestinal et l’état de santé métabolique des personnes âgées (n = 382 ; âge médian = 69,91 ± 5 ans, dont 50,79 % d’hommes) avec et sans obésité. 

La composition du microbiote intestinal a été déterminée par séquençage (?). 

Les résultats ont montré que la diversité et la richesse du microbiote étaient plus élevées chez les individus non obèses métaboliquement sains (MHNO) que chez leurs homologues non obèses classés comme non-métaboliquement sains (MUNO). 

L’analyse de la diversité a révélé des différences distinctes entre les individus MHNO et MUNO. 

Ces résultats confirment qu’il existe des liens entre l’état de santé métabolique et la composition du microbiote intestinal, en particulier chez les personnes âgées non obèses [Zhong 2020]. Causalité ?

Microbiote intestinal & dépression

Une mauvaise alimentation peut nuire à la santé mentale. Cette revue systématique et méta-analyse a examiné les effets des interventions diététiques sur les symptômes de dépression et d’anxiété.

Méthode 

D’importantes bases de données électroniques ont été explorées jusqu’en mars 2018 à la recherche d’études contrôlées randomisées portant sur des interventions diététiques et leur rôle dans les modifications des symptômes de dépression et / ou d’anxiété chez des sujets sains comme des patients. 

Résultats 

Seize études contrôlées randomisées portant sur 45 826 participants ont été incluses. Quinze examinaient des échantillons présentant des symptômes dépressifs modérés. 

Les interventions diététiques ont considérablement réduit les symptômes dépressifs. Aucun effet n’a été démontré globalement sur l’anxiété, cependant, des études portant sur des échantillons féminins ont mis en évidence des avantages significativement supérieurs de ces interventions diététiques, à la fois pour les symptômes de dépression et d’anxiété.

Conclusions 

Les interventions diététiques sont prometteuses en tant que nouvelle intervention pour réduire les symptômes de la dépression dans la population. 

Des recherches futures sont nécessaires pour déterminer les composants spécifiques des interventions diététiques qui améliorent la santé mentale, explorer les mécanismes sous-jacents et établir des systèmes efficaces pour réaliser ces interventions dans des environnements cliniques.

Pourquoi ça marche ?

Les mécanismes par lesquels ces changements alimentaires peuvent avoir des effets bénéfiques sur la santé mentale doivent encore être pleinement établis. 

Cependant, le régime alimentaire peut agir par plusieurs voies impliquées dans la santé mentale. Ceux-ci incluent des voies liées au stress oxydatif (?), à l’inflammation et au dysfonctionnement mitochondrial, qui sont perturbées chez les personnes atteintes de troubles mentaux. 

La dysbiose du microbiote intestinal a également été impliquée en raison de recherches récentes démontrant l’implication du microbiote dans la modulation de la réponse au stress, de la fonction immunitaire, de la neurotransmission et de la neurogenèse. 

Une alimentation saine contient généralement une grande variété de composés bioactifs pouvant interagir de manière bénéfique avec ces voies. 

Par exemple, les légumes et les fruits contiennent, outre des vitamines, des minéraux et des fibres bénéfiques, une concentration élevée de divers polyphénols qui semblent être associés à une réduction du taux de dépression dans des études observationnelles limitées, potentiellement à cause de leurs propriétés anti-inflammatoires, neuroprotectrices et neurotoxiques. 

En outre, les vitamines (par exemple, les vitamines B), les acides gras (par exemple, les acides gras oméga 3), les minéraux (par exemple, le zinc, le magnésium) et les fibres (par exemple, l’amidon résistant) ainsi que d’autres composants bioactifs (par exemple, les probiotiques), qui sont généralement riches en régimes alimentaires sains, peuvent également protéger des maladies mentales. 

En plus d’augmenter l’apport en nutriments bénéfiques, les interventions diététiques peuvent également avoir un impact sur le bien-être mental en réduisant la consommation d’aliments néfastes associse à un risque accru de dépression, comme les viandes transformées, les glucides raffinés et d’autres aliments susceptibles d’entrainer une inflammation. 

Les régimes alimentaires néfastes sont également riches en composés pouvant affecter négativement ces voies. 

Par exemple, les éléments couramment présents dans les aliments transformés (junk food) tels que les acides gras saturés, les édulcorants artificiels et les émulsifiants peuvent altérer le microbiote intestinal, ce qui peut activer des processus inflammatoires.

Microbiote intestinal & fibromyalgie : notre future thérapie viscérale sans les mains ?

Je sens bien que je vais me faire allumer avec cette revue systématique sur un sujet tendance…surtout que je n’en ai lu que le résumé….Une hirondelle ne fait pas le printemps, mais il y a déjà plus de preuves en faveur de cette prise en charge qu’en faveur de l’ostéopathie viscérale.

Pour le ventre comme pour le dos, la parole et les conseils diététiques et comportementaux vont-ils remplacer le toucher ?

Les preuves suggèrent que le microbiote intestinal pourrait jouer un rôle important dans les souffrances de la fibromyalgie et le syndrome de fatigue chronique.

Objectif de l’étude

L’objectif de cette revue systématique fut d’examiner systématiquement l’effet déclaré des traitements probiotiques chez les patients atteints de fibromyalgie ou de syndrome de fatigue chronique.

Matériels & méthodes

Une revue systématique a été réalisée en utilisant 14 bases de données (PubMed, Cochrane Library, Scopus, PsycINFO et autres) en février 2016 pour rechercher des essais contrôlés randomisés et des études pilotes de patients souffrant de fibromyalgie et fatigue chronique, publiés ces dix dernières années ( de 2006 à 2016).

L’échelle de Jadad a été utilisée pour évaluer la qualité des essais cliniques considérés.

Résultats

Deux études (n = 83) répondaient aux critères d’inclusion, qui ont été réalisées chez des patients atteints de fibromyalgie et les deux études ont été considérées comme présentant un «score élevé de qualité».

L’administration d’une souche de Lactobacillus casei chez les patients atteints du fibromyalgie, sur une période de 8 semaines, a réduit les scores d’anxiété.

De même, ce probiotique a modifié la composition fécale après 8 semaines de traitement.

De plus, le traitement par Bifidobacterium infantis 35624 (?) chez les patients atteints de fibromyalgie, durant la même période, a réduit les biomarqueurs inflammatoires.

Conclusion

Les preuves sur l’utilité des probiotiques chez les patients atteints de fibromyalgie et de fatigue chronique restent limitées.

Les souches étudiées de probiotiques ont démontré un effet significatif sur la modulation de l’anxiété et des processus inflammatoires chez les patients atteints du syndrome de fatigue chronique.

Cependant, des recherches plus expérimentales, axées principalement sur les symptômes des pathologies étudiées, sont nécessaires.

Commentaire

Note établie à partir du seul résumé. Si vous avez accès au texte intégral, merci de me faire part de toute inexactitude ou renseignement complémentaire.


Références bibliographiques 

Roman P, Carrillo-Trabalón F, Sánchez-Labraca N, Cañadas F, Estévez AF, Cardona D. Are probiotic treatments useful on fibromyalgia syndrome or chronic fatigue syndrome patients? A systematic review. Benef Microbes. 2018 Apr 26:1-10. doi: 10.3920/BM2017.0125. Article en pré-publication.

Résumé disponible en ligne

Articles en rapport avec le sujet

Firth J, Marx W, Dash S, Carney R, Teasdale SB, Solmi M, Stubbs B, Schuch FB, Carvalho AF, Jacka F, Sarris J. The effects of dietary improvement on symptoms of depression and anxiety: a meta-analysis of randomized controlled trials. Psychosom Med. 2019 Feb 5. doi: 10.1097/PSY.0000000000000673. Article sous presse

Articles en rapport avec le sujet

irelandechineXiaozhong Zhong, Janas M Harrington, Seán R Millar , Ivan J Perry, Paul W O’Toole, Catherine M Phillips. Gut Microbiota Associations with Metabolic Health and Obesity Status in Older Adults. Nutrients. 2020 Aug 7;12(8):E2364. doi: 10.3390/nu12082364.

Article en accès libre en cliquant sur le lien du titre.

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