Un érysipèle : vous faites quoi ? 


 

Cellulitis_Of_The_Leg

On a tous observé des patients souffrant de ces troubles, parfois en domicile, souvent dans des conditions de vie précaires. Que leur conseiller ? Classiquement, pas un petit massage, on est d’accord 😀

Dans l’article, les auteurs parlent de cellulitis qui se traduit par cellulite en français. Mais, dans le vocabulaire médical, la cellulite est aussi autre chose qu’une lipodystrophie ; c’est une infection de la peau et des tissus sous-cutanés qui surviennent principalement aux jambes. Sa récurrence est courante : jusqu’à 47% des patients ont un nouvel épisode dans les 3 ans. 

La prophylaxie par la pénicilline est efficace pour prévenir cette récurrence, mais l’effet protecteur diminue progressivement une fois que l’antibiotique est abandonné.

L’œdème chronique peut être dû à une filtration capillaire accrue ou à une défaillance du drainage lymphatique, lors de lymphoedème, inssuffisance veineuse, immobilité, obésité, insuffisance cardiaque. L’œdème chronique est un facteur de risque de cellulite de la jambe et de cellulite récurrente. 

Quelle différence avec l’érysipèle ?

Selon Wikipedia (dont provient la photo en titre), l’érysipèle définit une infection plus superficielle du derme et de la couche supérieure sous-cutanée, qui se présente cliniquement avec un contour bien défini. L’érysipèle coexiste souvent avec la cellulite et il est souvent difficile de distinguer l’un de l’autre. Mais perso, c’est à ça que j’aurais pensé en premier en voyant la jambe en photo.

Question : 

Chez les personnes souffrant de cellulite de la jambe, la thérapie de compression est-elle plus efficace que le traitement conservateur pour réduire la récurrence des troubles, le volume des jambes, voire l’hospitalisation ? 

Conception : 

Essai contrôlé randomisé avec répartition cachée. 

Où :

Hôpital public de Canberra. 

Patients :

84 adultes présentant un œdème de plus de 3 mois sur une ou deux jambes et des antécédents de deux épisodes ou plus au cours des deux dernières années, sans blessure  cutanée, n’étant pas en fin de vie. 

41 d’entre eux ont porté des bas de contention tout au long de la journée et ont bénéficié d’informations sur la sécurité, la propreté et l’application et le retrait des vêtements. 

Les participants du groupe contrôle ne bénéficiaient que des informations, bien que la survenue d’un épisode de cellulite lors de l’étude les faisaient passer dans le groupe expérimental pour recevoir une thérapie par compression. 

Indicateurs :

Le principal était la récurrence de la cellulite. Les secondaires comprenaient l’admission à l’hôpital liée à la cellulite (évaluée tous les 6 mois pendant 3 ans) et la modification du volume des jambes (évaluée avant et après le traitement initial, puis tous les 6 mois pendant 3 ans). 

Résultats : 

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Au moment où l’étude a été arrêtée, 41 participants avaient été affectés au groupe expérimental et 43 au groupe témoin. Vingt-trois épisodes de cellulite avaient eu lieu et, par rapport au groupe de contrôle, la récurrence de la cellulite était plus faible dans le groupe expérimental. 

L’effet sur les admissions à l’hôpital pour cellulite n’était pas évident. 

À 12 mois, par rapport au groupe témoin, le groupe expérimental présentait une réduction significative de l’oedème. 

Conclusion : 

Chez les personnes souffrant d’œdème chronique de la jambe et de cellulite, le traitement par compression a entraîné une récurrence plus faible de la cellulite et un volume d’œdème de la jambe plus faible que le traitement conservateur.

Ce que je vais en retenir :  érysipèle = bas de contention. 


Références bibliographiques 

australieVinicius Cavalheri. Critically appraised paper: In people with chronic oedema of the leg and cellulitis, compression therapy is more effective at reducing recurrence of cellulitis than conservative treatment [synopsis]. J Physiother. 2020 Oct 20;S1836-9553(20)30108-9. doi: 10.1016/j.jphys.2020.10.001. 

Article en accès libre en cliquant sur le lien du titre. 

Webb E, Neeman T, Bowden FJ, Gaida J, Mumford V, Bisset B. Compression therapy to prevent recurrent cellulitis of the leg. New Engl J Med. 2020;383:630–639.

Article en accès libre en cliquant sur le lien du titre. 

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