Il faut arrêter de raboter ou de vouloir agrandir l’espace sous-acromial 


bois homme table verres

L’espace sous-acromial n’est pas plus diminué chez les scapulalgiques que chez des sujets sains similaires par ailleurs.

C’est ce qu’affirme cette revue systématique avec méta-analyse. 

Quinze études avec un total de 775 participants ont été incluses. Douze études étaient de haute qualité et trois études étaient de qualité moyenne. 

Il n’y a pas de différence entre les groupes en ce qui concerne la dimension verticale de cet espace en position neutre de l’épaule, en abduction de l’épaule à 45° ou à 60°.

Par rapport au groupe de contrôle, un taux de comblement est marginalement plus élevé en position neutre de l’épaule a été démontré chez les participants scapulalgiques. 

Toutefois, ce dernier résultat doit être interprété avec prudence, car :

  • La différence moyenne entre les groupes pour le taux de comblement était d’environ 5 %. 
  • La variation minimale détectable pour l’épaisseur du tendon sus-épineux est de 8 à 10 % et de 14,7 % pour l’espace sous-acromial. 

Il n’y a pas eu de modèle cohérent concernant la corrélation entre la hauteur de l’espace et la douleur ou le handicap chez les participants scapulalgiques, et aucune augmentation cohérente de l’espace sous-acromial avec l’amélioration de la douleur ou du handicap dans le temps. 

Les résultats suggèrent que la gestion chirurgicale (par exemple la décompression sous-acromiale) et non chirurgicale (par exemple la thérapie manuelle, le strapping, les étirements et autres techniques actives) du syndrome de douleur sous-acromiale ne devrait pas se concentrer uniquement sur la prise en charge d’une éventuelle diminution de l’espace sous-acromial, mais également sur l’importance d’autres facteurs biopsychosociaux.

Si je veux faire mon bougon je dirais que les problèmes surviennent à 90°

Et là, dans la discussion, ils font moins les malins : 

«A further limitation was that only one study measured subacromial space in shoulder abduction above 60°, and as the painful arc of shoulder abduction movement is observed to be from 60° to 120°, it seems important to examine the associations that contribute to this phenomenon. 

Although this is described as a limitation, it is recognised that it may be difficult to visualise the subacromial space above 60°, due to imaging limitations below bony structures, in this position.»

Donc, parce que Môssieur ne sait pas le mesurer, Môssieur dit qu’il est pareil que tu ai mal ou pas.

Eh ben, moi je dis c’est petit.

Mais je suis quand même bien content de ne plus avoir à faire des TP de techno de base de l’épaule. Déjà que les tests…


Références bibliographiques 

australieSoo Whan Park, Yuan Tai Chen, Lindsay Thompson  et al. No relationship between the acromiohumeral distance and pain in adults with subacromial pain syndrome: a systematic review and meta-analysis. Sci Rep. 2020 Nov 26;10(1):20611. doi: 10.1038/s41598-020-76704-z.

Article en accès libre en cliquant sur le lien du titre. 

Un commentaire

  1. Merci pour cet article qui démystifie un peu certaines chirurgies très à la mode ! Et du coup, on peut peut-être remettre en cause les techniques d’abaissement censées agrandir l’espace sous-acromial ? Les prescripteurs de rééducation de l’épaule adorent mentionner cette technique… J’ai toujours été septique…
    Cordialement.
    Luc Gouraud

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