La cervicalgie en 2021


cheveux ondules minces dans l eau bleue de la piscine de la station
Photo de Armin Rimoldi sur Pexels.com

Je vous ai posé là ce qui me semble le plus marquant dans cette mise au point venant de paraître. Mais bien sûr, vous trouverez le lien vers l’article en accès libre en fin de note, comme toujours.

Savoirs & évaluations

  • Comme la lombalgie, 98% des cervicalgies sont non spécifiques d’une pathologie donnée.
  • Plusieurs facteurs indiquent un risque accru de développer des douleurs cervicales. Les plus importants de ces facteurs de pronostic sont : les traumatismes, les facteurs liés au travail (faible satisfaction professionnelle, faible perception du soutien au travail, niveau élevé de stress au travail), les facteurs psychologiques (dépression auto-perçue, mauvaise santé psychologique) et le tabagisme.
Red-flags
  • Le Canadian cervical spine rule (C-Spine) est toujours un outil clinique fort utile pour prédire un risque de fracture.
  • Les tests d’instabilité cervicale supérieure ou d’insuffisance de l’artère vertébrale, toujours recommandés dans les guidelines en thérapie manuelle ou chiropraxie avant manipulation vertébrale, ont fait l’objet de peu de recherches et n’ont pas été validés à ce jour.
Pronostic
  • Les cervicalgies attribuées à un fléau cervical ou a de difficiles conditions de travail sont toujours plus douloureuses et associées à un plus faible pronostic de guérison. Mais ce sont des cervicalgies communes.
  • 50 à 85% des cervicalgiques sont susceptibles de ne pas guérir ou de récurrences.
  • L’intensité des douleurs est en moyenne divisée par deux en 1.5 mois.
Est-ce qu’on doit encore les classifier ?
  • Dans la littérature, il n’y a pas de consensus sur la classification des patients avec ou sans radiculopathie cervicale sur la base des symptômes et de l’examen neurologique, sauf que les patients ont des douleurs irradiant dans le bras.
  • Le fait d’avoir des symptômes irradiant sans symptômes neurologiques et déficits sensoriels objectivables est considéré comme cervicalgie commune. On se dirige vers une simplification des classifications des cervicalgies…
Quels tests ?

A part le Spurling et le ULNTT….pas grand chose à garder.

Des règles de prédiction clinique ?
  • On a pu dénombrer jusqu’à 99 modèles de prédiction de la douleur cervicale ou liée à un traumatisme, dont trois étaient suffisamment prometteurs pour être utilisés en physiothérapie.
  • Un facteur cohérent lié à la forte probabilité de guérison inclus dans les trois modèles l’âge (moins de 35 ans), un faible score initial au NDI ne semblait pertinent que pour les modèles de douleurs cervicales liées à un traumatisme.
  • Le STarT Back, initialement développé pour les lombalgiques, a une faible validité prédictive.

Quels traitements ?

  • Le massage n’est pas abandonné.
  • Travailler sur le comportement du patient peut être utile dans certains cas.
  • Le discours rassurant du kiné pris isolément est aussi efficace que les autres traitements.
Les exercices
  • Lorsqu’ils sont comparés à l’absence de traitement ou à un placebo, ou évalués comme traitement complémentaire, ils sont bénéfiques pour les cervicalgies chroniques, les maux de tête chroniques cervicogènes, la radiculopathie cervicale aiguë.
  • Les tailles d’effet standardisées varient de 0,3 à 0,7 (IC à 95 % : 0,1 à 1,3), ce qui peut être considéré comme des effets faibles à modérés.
  • Aucune étude n’a évalué les exercices chez les patients souffrant de douleurs cervicales aiguës.
  • Aucun exercice spécifique ne s’est révélé supérieur à un autre chez les personnes souffrant de douleurs cervicales chroniques non spécifiques.
  • Plusieurs chercheurs ont supposé que des changements dans le contrôle moteur des muscles cervicaux profonds contribuent à l’origine ou à la persistance de la douleur cervicale.
    Une récente revue systématique a étudié cette hypothèse et a évalué si les exercices de contrôle moteur (c’est-à-dire les exercices de flexion cranio-cervicale) sont plus efficaces qu’aucune autre intervention chez les personnes souffrant de douleurs cervicales chroniques. Les auteurs ont constaté des bénéfices cliniques pertinents (tailles d’effet standardisées entre 0,33 et 0,58) sur la douleur et le handicap.
Mobilisation passive, manipulation vertébrale

Sans titre

  • Une revue Cochrane et une autre revue systématique ont toutes deux constaté que les mobilisations et les manipulations cervicales étaient également bénéfiques (preuves de qualité moyenne) chez les patients souffrant de douleurs cervicales non spécifiques.
  • Selon la revue Cochrane, les manipulations cervicales ont un faible effet bénéfique (preuves de faible qualité), mais les manipulations thoraciques ont un effet bénéfique plus important par rapport à un traitement inactif (preuves de qualité moyenne), ce qui indique que les manipulations thoraciques sont plus bénéfiques que les manipulations cervicales.
  • Ca peut être mieux lorsque ces techniques passives sont couplées aux exercices, mais la taille de l’effet est petite.

(Sinon, encore ce mois-ci, une étude considère que Mulligan ou Maitland c’est kif-kif [Alansari 2020]).

Les médocs
  • Le paracétamol n’aurait pas été comparé au placebo dans une cervicalgie. Les AINS sont meilleurs que le placebo, aussi efficaces que les relaxants musculaires ou l’acupuncture, mais moins bénéfiques que la manipulation et les exercices vertébraux.
  • On peut le passer en pommade : le diclofénac topique est efficace, avec un NNT de 9,8 (ce qui signifie qu’il faut traiter presque 10 patients pour qu’un d’entre eux soit réellement amélioré).
  • Ca marche aussi en cachets par rapport au placebo (une différence moyenne de 16/ 100 mm à l’EVA.
La chirurgie

Pas de différences avec ou sans chirurgie quelle que soit la technique ; pas de bénéfice additionnel aux arthrodèses ou chirurgies de décompression antérieure.

Du coup, quel traitement alors ?

The Global Burden of Disease study on neck pain conclut que : la sensibilisation accrue de la population à la douleur cervicale et à ses facteurs de risque, ainsi que l’importance d’un dépistage et d’une prise en charge précoces, permettrait de réduire la charge future de cette affection.

Une étude systématique récente sur les campagnes médiatiques de la lombalgie a suggéré que ce type de campagne pourrait être efficace pour changer les croyances en matière de santé.


Références bibliographiques

hollandeArianne P Verhagen. Physiotherapy management of neck pain. J Physiother. 2021 Jan;67(1):5-11. doi: 10.1016/j.jphys.2020.12.005. 

Article en accès libre en cliquant sur le lien du titre.

arabiesaouditeSamar M Alansari , Enas F Youssef, Alsayed A Shanb. Efficacy of manual therapy on psychological status and pain in patients with neck pain. A randomized clinical trial. Saudi Med J. 2021 Jan;42(1):82-90. doi: 10.15537/smj.2021.1.25589.

Article théoriquement en accès libre en cliquant sur le lien du titre.

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