Maitland VS Mulligan dans les cervicalgies : un énième match nul…


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A) technique Maitland : pressions oscillatoires postéro-antérieures sur le processus épineux de C3
B) technique Mulligan : mobilisation en SNAG (sustained natural apophyseal glides) sur l’étage C3-C4 gauche, lors d’une rotation cervicale droite

JLE évoquait il y a quelques jours cette étude comparant l’approche de Maitland à l’approche de Mulligan dans la prise en charge des cervicalgies.

Méthode : 44 patients présentant une cervicalgie non-spécifique ont été randomisés en 2 groupes :

  • Maitland (n=22) : pressions postéro-antérieures centrales ou unilatérales, à raison de 2 séances par semaine pendant 3 semaines.
  • Mulligan (n=22) : SNAG à raison de 2 séances par semaines pendant 3 semaines.

Les critères étaient l’échelle numérique de la douleur, le Neck Disability Index (NDI), l’échelle de Beck (Beck depression inventory), le score State-trait anxiety inventory (STAI), le Fear Avoidance Beliefs Questionnaire (FABQ), et le Pain Catastrophic Scale (PCS). L’analyse de données s’est faite grâce à des t-test indépendants, un test de Shapiro-Wilk, et des t-test appariés.

Résultats : il y avait des améliorations significatives dans les valeurs moyennes de l’échelle numérique de la douleur, le NDI, l’échelle de Beck, le STAI et le PCS dans les deux groupes à l’issue de l’intervention (p<0.05, sauf pour le FABQ du groupe Muligan p>0.05). Il n’y avait pas de différences significatives entre les valeurs moyennes des deux groupes (p>0.05).

Conclusion : Chez les patients présentant une cervicalgie non spécifique, les mobilisations de type Maitland et Mulligan ont des effets positifs sur la douleur, la fonction, et des paramètres psychologiques, sans différences significatives entre les deux approches.


Commentaire : L’utilisation des techniques de Mulligan repose sur ce principe : l’application de la mobilisation passive qui accompagne le mouvement doit instantanément réduire la douleur et/ou augmenter l’amplitude du mouvement limité. Dans le cas contraire, Mulligan préconise de ne pas avoir recours aux SNAGs. L’application de mobilisations passives de Maitland est adaptée si le thérapeute retrouve au bilan un mouvement passif intervertébral qui reproduit la douleur habituelle du patient.

On tourne toujours autour du même problème : en pratique clinique, un thérapeute choisirait la technique qui semble la plus adaptée au patient qui le consulte, le jour où il le consulte. Personne ne choisirait la technique qu’il va employer en tirant au sort. La randomisation, nécessaire à la comparabilité des groupes au début de l’étude, et indispensable à l’utilisation des tests statistiques, ne permet pas de prendre en compte le raisonnement clinique. L’impression globale à la lecture de ce type d’études est que toutes les techniques de thérapie manuelles se valent. De là à dire qu’elles ne valent pas grand-chose, il n’y a qu’un pas que certains n’hésitent pas à franchir. Il faudrait inventer d’autres designs d’études intégrant davantage le raisonnement clinique, afin d’être plus représentatifs de la pratique clinique.

Références bibliographiques :

Alansari SM, Youssef EF, Shanb AA. Efficacy of manual therapy on psychological status and pain in patients with neck pain. A randomized clinical trial. Saudi Med J. 2021 Jan;42(1):82-90. doi: 10.15537/smj.2021.1.25589. PMID: 33399175

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