Bien lire l’étiquette avant d’étaler la pommade


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Cette étude démontre qu’il suffit de fournir à l’utilisateur des informations écrites sur une substance inerte pour favoriser un effet secondaire suggéré.

Il a été déclaré qu’une entreprise qui fabrique des produits à base de plantes voulait tester sa nouvelle huile de massage. Après avoir obtenu un consentement écrit, les participants ont été invités à remplir deux questionnaires via un outil d’enquête en ligne :

La version courte du Brief Symptom Inventory (BSI) 

Elle permet de dépister les problèmes mentaux. Le BSI comporte 18 éléments et trois sous-échelles : dépression, anxiété, somatisation. Dans le présent échantillon, les scores se situent tous dans la fourchette normale.

L’échelle d’optimisme/pessimisme 

Elle comporte deux affirmations : 

«Les optimistes sont des personnes qui envisagent l’avenir avec confiance et qui s’attendent généralement à de bonnes choses». Veuillez vous évaluer : Dans quelle mesure êtes-vous optimiste en général ? » (Échelle de notation : 1 = pas du tout à 7 = très)

«Les pessimistes sont des personnes qui ont des doutes sur l’avenir et qui s’attendent généralement à de mauvaises choses». Veuillez vous évaluer : Dans quelle mesure êtes-vous pessimiste en général ? » (Échelle de notation : 1 = pas du tout à 7 = très). 

Dans l’échantillon total, l’optimisme et le pessimisme ne diffèrent pas des scores moyens rapportés par l’inventeur du score. 

Tous les participants qui ont répondu à l’enquête en ligne (qui demandait en outre des informations démographiques et des diagnostics de maladies somatiques) ont reçu un paquet par courrier.

Ce paquet contenait une petite bouteille en verre avec de l’huile de tournesol et une fiche d’information. 

La pommade miracle ou pas

Le flacon portait une étiquette verte « Melilotus officinalis » et un compte-gouttes pour l’application. Les participants devaient appliquer 0.5 ml d’huile sur leur avant-bras gauche (dans une zone de 6 cm de diamètre) et faire glisser doucement leur doigt sur cette zone pendant 30 s. Il était indiqué que l’huile agissait assez rapidement (« il faut 30 s pour qu’elle fasse effet »). 

La fiche d’information comportait également une suggestion sur un effet secondaire spécifique de l’huile et des informations sur le fabricant de l’huile.

L’effet secondaire suggéré était soit agréable (effet secondaire placebo), soit désagréable (effet secondaire nocebo). Les suggestions étaient les suivantes :

 Effet secondaire nocebo : 

« Cette huile naturelle pour votre peau est extraite de la plante du trèfle des prés (M. officinalis). Elle a été développée pour les massages de relaxation et favorise la circulation sanguine. Lors de l’application, certains utilisateurs ont remarqué une sensation désagréable sur la peau : des démangeaisons ».

 Effet secondaire placebo : 

« Cette huile naturelle pour votre peau est extraite de la plante du trèfle de pierre (M. officinalis). Elle a été développée pour les massages de relaxation et favorise la circulation sanguine. Lors de l’application, certains utilisateurs ont remarqué une agréable sensation sur la peau : des picotements ».

La suggestion placebo/nocebo a été combinée avec l’une des deux brèves descriptions du fabricant de l’huile pour la peau.

Indication optimiste : 

Il a été déclaré que l’huile était fabriquée par le Dr. Emilia Antonsini, un médecin très dévoué et une personne très optimiste, qui travaillait pour une entreprise produisant des médicaments naturels.

Absence d’indication :

Dans la condition de contrôle, seul le nom de la société a été fourni.

Résultats 

Parmi les 201 sujets (âge moyen = 26 ans) ayant participé à l’étude, celles qui ont signalé des démangeaisons plus fréquentes et plus intenses avaient préférentiellement reçu une suggestion nocebo. Les sensations positives de picotement ont été rapportées plus fréquemment que les démangeaisons, sans que cela soit en rapport avec les suggestions. 

Les informations optimistes sur le concepteur de l’huile sont associées à une fréquence plus faible des effets secondaires signalés (négatifs et positifs) mais ne les influence pas spécifiquement.

Conclusion : 

Cette étude démontre qu’il suffit de fournir à l’utilisateur des informations écrites sur une substance inerte pour favoriser un effet secondaire suggéré. 

Les informations positives sur le concepteur du produit ne semblent pas influencer spécifiquement les effets secondaires signalés. 

Les études de marketing futures devraient se concentrer sur la manière d’adapter les informations écrites sur un médicament ou un produit (ou un matériel à destination des kinésithérapeutes 😀 ) afin de minimiser les effets secondaires négatifs et de maximiser les effets secondaires positifs.


Références bibliographiques 

autricheCarina Schlintl, Anne Schienle. Information About the Optimism of a Placebo/Nocebo Provider and Placebo/Nocebo Side Effects. Front Psychol. 2021 Jan 14;11:608595. doi: 10.3389/fpsyg.2020.608595. 

Article en accès libre en cliquant sur le lien du titre. 

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