
Contexte
Les tests neurodynamiques des membres supérieurs (Upper Limb Neurodynamic Tests ou ULNTs) sont utilisés pour diagnostiquer des affections neuropathiques telles que la radiculopathie cervicale (RC). Dans la littérature, un ULNT positif est défini de manière très variable, ce qui explique probablement pourquoi la précision diagnostique de ces tests manque de cohérence d’une étude à l’autre.
Objectifs
Déterminer la précision diagnostique des tests neurodynamiques du membre supérieur, utilisés de manière isolée et combinée ((ULNT)1,2a, 2b et 3) pour la radiculopathie cervicale, en utilisant des résultats de tests similaires à ceux utilisés en pratique clinique.
Méthode
109 personnes inscrites consécutivement avec une suspicion de RC. Sur les 85 participants inclus, 27 (31,7%) ont reçu un diagnostic de RC (âge moyen 43,9 ans ; Neck Disability Index 38,16%). Le diagnostic de RC était réalisé par un neurochirurgien, à partir des données cliniques et de l’IRM. Pour que le diagnostic de RC soit posé il fallait que le patient présente :
- antécédents et présence de douleurs sur un dermatome radiculaire et/ou de symptômes (dysesthésie, faiblesse musculaire ou altération des réflexes) attribuables à une RC ;
- présence de résultats d’IRM confirmant la compression ou l’irritation de la racine nerveuse par une hernie discale, ou une sténose en pré- ou en intraforaminal du côté ipsilatéral, au même niveau ou au niveau adjacent de la douleur radiculaire.
Les ULNTs ont été réalisés par un examinateur en aveugle de toutes les données cliniques, de l’IRM, et du diagnostic du neurochirurgien. Les 4 ULNTs étaient réalisés dans un ordre aléatoire (tiré au sort par un logiciel), avec un temps de 5mn entre chaque test. Le côté asymptomatique était systématiquement testé en premier, à titre de comparaison. Un test était considéré comme positif s’il reproduisait au moins partiellement les symptômes habituels du patient : douleur du membre supérieur et/ou du rachis cervical ou dysésthésies. Une fois les symptômes habituels apparus, des manoeuvres de différenciation structurelle étaient utilisées pour sensibiliser le test : inclinaison cervicale ipsi- ou controlatérale, flexion ou extension du poignet, élévation de la ceinture scapulaire…
Résultats
En général, les tests isolés étaient plus efficaces pour inclure une RC que pour l’exclure. Parmi les ULNTs isolés, l’ULNT3 a démontré le plus fort changement de probabilité post-test, lorsque le test était positif (73,28 %).
Lorsque 3 ULNTs sur 4 sont positifs, la probabilité post-test est de 83,29 % et le LR+ = 12,89 (IC95 % : 3,10-53,62).
Lorsqu’aucun des tests n’est positif, on peut exclure une RC avec un LR- = 0,08 (IC95% : 0,01-0,56).
Rappel sur les likelyhood ratios positif (LR+) et négatif (LR-)
LR+ = probabilité qu’une personne atteinte de la maladie ait un test positif / probabilité qu’une personne non atteinte de la maladie ait un test positif.
LR- = probabilité qu’un patient atteint de la maladie ait un test négatif / probabilité qu’un patient non atteint de la maladie ait un test négatif
Conclusion
Les ULNTs ne modifient pas de manière significative la probabilité post-test lorsqu’ils sont utilisés de manière isolée pour le diagnostic de la RC. Cependant, les combinaisons d’ULNTs (3 sur 4 positifs) peuvent permettre d’orienter vers une RC, ou d’exclure une RC lorsque tous les ULNTs sont négatifs.
Références bibliographiques
Grondin F, Cook C, Hall T, Maillard O, Perdrix Y, Freppel S. Diagnostic accuracy of upper limb neurodynamic tests in the diagnosis of cervical radiculopathy. Musculoskelet Sci Pract. 2021 Oct;55:102427. doi: 10.1016/j.msksp.2021.102427
Grand merci à Francis Grondin
