Association du lever de charge répété avec la lombalgie : les preuves


Mais puisque je vous dis que tout est dans la répétition du mouvement… c’est pô compliqué, il faut ré-pé-ter.

Plus tu le fais, moins le cerveau a peur.

Bientôt, ça va s’appeler la méthode Mécano-Déducto-Têtiot thérapeutique 😀

Objectifs : 

Étudier si la cinématique ou la cinétique lombaire et des membres inférieurs sont différentes entre les groupes avec et sans antécédents de lombalgie pendant le lever de charge. 

Étudier les relations entre les variables biomécaniques et l’évolution de la douleur lors de soulèvements répétés.

Méthodes : 

Les participants (28 hommes et 14 femmes) se sont portés volontaires pour cette étude et ont été recrutés sur des lieux de travail (par exemple, des commerçants, des empileurs de rayons, des préparateurs de commandes et des emballeurs) par le biais d’appels téléphoniques, de prospectus et d’e-mails. 

Les participants ont été recrutés soit dans un groupe de lombalgies (n = 21), soit dans un groupe sans lombalgies (n = 21) dont l’âge, la taille et le poids étaient similaires. 

Ils ont été remboursés de 50 dollars australiens pour le temps passé.

Tous les participants inclus devaient être âgés de plus de 18 ans, occuper actuellement des emplois manuels plus de 20 heures par semaine et être impliqués dans le soulèvement régulier de charges.

Les données pour cette étude en laboratoire ont été recueillies en 2 heures pour chaque participant. 

La tâche de levage comprenait 25 levées (5 symétriques et 20 asymétriques) avec une boîte vide (200 grammes), suivies de 75 levées (15 symétriques et 60 asymétriques) avec une boîte de masse fixée à 10% de la masse corporelle de chaque participant. 

Tous les soulèvements se faisaient à partir du sol et les participants étaient encouragés à effectuer la tâche de la manière dont ils pensaient le faire normalement, afin de refléter la manière dont ils soulèvent naturellement au travail.

Indicateurs 

La cinématique et la cinétique des membres inférieurs et lombaires ont été mesurées pendant le soulèvement à l’aide d’un système d’analyse quantifiée du mouvement de type Vicon ® et un rapport concommintant de l’intensité de la lombalgie tous les 10 soulèvements. 

Les soulèvements ont été effectués en laboratoire, ce qui en limite la validité écologique.

Résultats : 

Le groupe LBP a utilisé une technique de levage différente de celle du groupe non-LBP au début de la tâche (plus lente et plus accroupie). 

Les différences cinétiques au début de l’exercice comprenaient une force de cisaillement antérieure externe lombaire moins élevée et une puissance maximale développée au niveau des genoux plus importante pour le groupe LBP. 

Cependant, à la fin de l’exercice, les deux groupes ont soulevé des charges avec une technique beaucoup plus similaire, que l’on pourrait qualifier de plus accroupie et plus rapide. 

La puissance maximale développée aux genoux est restée supérieure dans le groupe LBP tout au long de l’exercice et constituait la seule différence cinétique entre les groupes à la fin de l’exercice de lever. 

Bien que les deux groupes aient utilisé une technique plus comparable à la fin de l’exercice, le groupe LBP a toujours eu tendance à effectuer un soulèvement plus lent et plus accroupi tout au long de l’exercice. 

Une seule des 21 variables (inclinaison pelvienne au moment du soulèvement de la boîte) était associée à l’évolution de douleur dans le groupe LBP. 

Conclusions : 

Les travailleurs ayant des antécédents de lombalgie soulèvent plus lentement et de manière plus accroupie que les travailleurs sans antécédents de lombalgie. 

Les hypothèses courantes selon lesquelles la lombalgie est associée à la cinématique ou à la cinétique lombaire, comme une plus grande flexion lombaire ou des forces plus importantes, n’ont pas été observées dans cette étude, ce qui soulève des questions sur le paradigme actuel concernant la façon « la plus sûre de lever une charge ».


Références bibliographiques 

Nic Saraceni, Amity Campbell, Peter Kent, Leo Ng, Leon Straker, Peter O’Sullivan. Exploring lumbar and lower limb kinematics and kinetics for evidence that lifting technique is associated with LBP. PLoS One. 2021 Jul 21,16(7):e0254241. doi: 10.1371/journal.pone.0254241.

Article en accès libre en cliquant sur le lien du titre 

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