Perdre 2 points en moins sur l’EVA : 15% de pensions d’invalidité en moins pour les lombalgiques, 24% pour les cervico-scapulalgiques


 

Gagner deux points sur une échelle numérique de la douleur, ce n’est pas une mission impossible ; c’est même complètement à la portée des techniques kinés qui tiennent la route. Il est dit que c’est cliniquement significatif mais qu’est-ce que cela signifie concrètement ?  8731 travailleuses âgées ont répondu à un questionnaire sur le travail et la santé en 2005 et ont été suivies pendant 11 ans dans le registre danois d’évaluation de la marginalisation. 

Des analyses temporelles ont permis d’estimer les rapports de risque (RR) pour la pension d’invalidité à partir de l’intensité de la douleur (échelle d’évaluation numérique (NRS) 0-9) dans le bas du dos, le cou/les épaules et les genoux au cours des 3 mois précédents. 

Les analyses ont été ajustées mutuellement pour les régions douloureuses, l’âge, l’éducation, le mode de vie, les facteurs psychosociaux du travail et l’effort physique au travail.

Résultats : 

Au cours des 11 années de suivi, 1035 (11,9%) de ces travailleuses âgées ont reçu une pension d’invalidité. 

Pour toutes les régions du corps, des associations dose-réponse ont été observées entre une intensité de douleur plus élevée et le risque de pension d’invalidité (p < 0,001). 

Le risque de pension d’invalidité était accru lorsque l’on déclarait des niveaux de douleur « très élevés » (≥7 points sur le NRS 0-9) dans le bas du dos (HR 2,19, IC 95 % 1,70-2,82), le cou/les épaules (HR 2,34, IC 95 % 1,88-2,92) et les genoux (HR 1,89, IC 95 % 1,44-2,47). 

Les risques attribuables à la population (PAR) étaient de 15,5, 23,2 et 9,6 % pour une douleur supérieure à 2 sur le NRS dans le bas du dos, le cou/les épaules et les genoux, respectivement, ce qui indique que 15,5, 23,2 et 9,6 % moins de travailleurs âgés seraient susceptibles de recevoir une pension d’invalidité si l’intensité de la douleur était réduite à 2 ou moins. 

Pour les travailleurs ≤45 ans et > 45 ans, la PAR était la plus élevée pour les douleurs au cou/épaule (27,6 %) et les lombalgies (18,8 %), respectivement.

Conclusions : 

La présente étude a révélé des associations dose-réponse positives entre l’intensité de la douleur au niveau du bas du dos, du cou/des épaules et des genoux, et le risque de pension d’invalidité pendant le suivi de 11 ans. Les niveaux modérés à très élevés de douleurs musculo-squelettiques chez les travailleurs âgés devraient donc être considérés comme un signe d’alerte précoce de sortie prématurée involontaire du marché du travail. 

Ces résultats soulignent l’importance de la prévention, de la gestion et de la réduction des douleurs musculo-squelettiques pour garantir une vie professionnelle longue et saine.

Commentaire 

Et cela permet aux syndicats de mettre en avant l’impact économique d’un suivi en kinésithérapie sur le long-terme des patients douloureux quand on demande des revalorisations de lettre-clé…


Références bibliographiques 

Rúni Bláfoss, Jonas Vinstrup, Sebastian Venge Skovlund, Rubén López-Bueno, Joaquin Calatayud, Thomas Clausen, Lars Louis Andersen. Musculoskeletal pain intensity in different body regions and risk of disability pension among female eldercare workers: prospective cohort study with 11-year register follow-up. BMC Musculoskelet Disord. 2021 Sep 10,22(1):771. doi: 10.1186/s12891-021-04655-1.

Article en accès libre en cliquant sur le lien du titre 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s