Palpation osseuse du rachis cervical supérieur 


Toujours étonnant de voir que l’on peut « attraper » la première cervicale entre le pouce et l’index pour juger (subjectivement bien entendu) de sa mobilité, même si celle-ci n’est contestée par personne.

Toujours étonnant de retrouver l’énorme processus de l’axis bien en dessous de ce qu’on imagine.

Une visite des lieux…

Palpation de l’os hyoïde 

Ce fibro-cartilage en forme de fer à cheval à concavité postérieure est palpable à l’union du plancher de la cavité buccale et de la naissance du cou. Il est mobile latéralement, présente deux cornes postérieures palpables. Il s’agit d’un relais musculaire. Le fait de déglutir le mobilise, ce qui peut être utile pour une palpation difficile.

Palpation de l’inion 

Il s’agit de la protubérance occipitale externe, au milieu de l’occiput, plus ou moins volumineuse selon les individus, elle limite crânialement le septum nucal. De part et d’autre de cette protubérance, les lignes d’insertions hautes des trapèzes supérieurs, horizontales, sont palpables.

Palpation de la mastoïde 

Portion la plus basse de l’os temporal, arrondie et convexe, en arrière de l’oreille. en forme de mamelle, d’où son nom.

Palpation du processus transverse de l’atlas

Il est habituellement possible de contrôler le mouvement de l’atlas à deux doigts, le pouce sur l’arc postérieur, l’index sur un processus transverse.

C1 est plus large que les autres vertèbres cervicales. Ses processus transverses sont fréquemment plus volumineux et larges que les autres processus, donc fréquemment repérables. 

Afin de repérer ce processus, placer l’annulaire sur la mastoïde, l’index sur l’angle postérieur du maxillaire inférieur ; le médius « tombe » sur la transverse de C1, entre mastoïde et branche montante du maxillaire. Il ne doit pas être confondu avec le processus styloïde temporal, d’abord naturellement douloureux et qui est plus crânial. Il se situe sous le corps charnu du sterno-cléido-mastoïdien (SCM).

Le syndrome d’Eagle, attribué à la styloïde temporale

Le syndrome d’Eagle identifie la présence d’une douleur oro-faciale comme étant liée à l’allongement du processus styloïde ou à la calcification du ligament stylo-hyoïdien.

Le patient se plaint d’une douleur pharyngée ou oesophagienne lors de la déglutition, et/ou d’une dysphagie, et/ou d’une dysphonie. Ces troubles sont expliqués par la proximité relative de nerfs crâniens (trijumeau, facial, vague, accessoire) et des artères carotides interne et externe.

La longueur moyenne de l’apophyse styloïde de l’os temporal est d’environ 15,2-47 mm. il est avancé qu’une dimension au delà de 30 mm pourrait être la cause du syndrome d’Eagle.

Cliniquement, que faire ?

La palpation de la styloïde temporale est souvent naturellement douloureuse, à comparer avec l’autre côté et les palpations habituelles si le sujet saute au plafond ou arrête votre geste. Si l’ensemble des autres signes cliniques laisse penser à ce diagnostic, y penser ? Cela ressemble un peu trop à la problématique de l’épine calcanéenne, d’autant que la littérature n’avance que des études de cas et rien sur quoi s’appuyer [Egierska 2021]

Palpation de l’arc postérieur de l’atlas

Bien qu’étant doté d’un processus épineux vestigial, il peut-être palpé en demandant au sujet de hocher la tête. Placer l’index entre processus épineux de l’axis et partie inférieure de l’occipital. Lors de la flexion, l’atlas vient contacter l’index.

Remarques 

Cette palpation n’est pas possible lorsque le sujet présente un septum nucal trop développé, comme chez le cheval, dont le septum nucal correspond à la crinière. On ressent alors une tension verticale limitant la palpation plus profonde.

Illustration sur le cheval issue du Barone. Anatomie comparée tome 2. Arthrologie et myologie. Ed Vigot

Palpation du processus épineux de l’axis 

Le processus épineux de C2 est le point de départ de beaucoup d’insertions musculaires, ce qui le rend proéminent. 

Il est bifide à la palpation. Partir de l’inion, glisser sur l’écaille de l’occiput et palper C2 après la dépression située en regard de l’atlas. Il est habituel de le rechercher plus haut qu’il n’est palpable en réalité.


Références bibliographiques 

Dominika Egierska, Michal Perszke, Izabella Kurianowicz. Eagle’s syndrome. Pol Merkur Lekarski. 2021 Dec 16,49(294):458-460.

Article en accès libre en cliquant sur le lien du titre.

Hoppenfeld S. Examen clinique des membres et du rachis. Masson. 1990

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s