Abord préliminaire du coude


Généralités 

La douleur est le symptôme le plus fréquemment évoqué par le patient souffrant du coude. La raideur après immobilisation post-traumatique vient après, les instabilités sont exceptionnelles, après délabrement traumatique non réduit.

Observations & signes cliniques

Attitude du coude dans le plan frontal

1

Il existe un cubitus-valgus physiologique en position anatomique, engendré par la conformation des surfaces articulaires, et qui a pour utilité d’éviter la butée de la main sur la hanche lors de l’oscillation du bras. Un cubitus-varus indique une atteinte traumatique séquellaire, comme une fracture supra-condylienne.

Une impossible extension active 

La position de moindre contrainte articulaire se situe en demi-flexion, de façon à offrir le maximum de volume intra-articulaire ; immédiatement après un traumatisme, elle sera l’attitude préférentielle du patient, qui soutiendra son coude de la main opposée. Elle peut être la conséquence d’une immobilisation d’épaule trop longtemps maintenue. 

Validité 

boussoleLes patients ne pouvant étendre complètement leur coude après traumatisme doivent passer d’une radiographie, puisque 50% d’entre eux ont vraisemblablement une fracture. 

La radiographie peut être différée pour ceux pouvant étendre leur coude complètement, si le thérapeute n’observe pas de fracture de l’olécrâne. Elle sera nécessaire si les symptômes ne se résolvent pas dans 7 à 10 jours [1]. 

La capacité d’étendre son coude en post-traumatique permet d’exclure raisonnablement toute altération osseuse ou articulaire, chez l’enfant comme chez l’adulte [1, 5]. 

2

A quoi correspondent ces chiffres ?

Recherche d’une fracture de l’olécrane 

3

L’olécrâne, situé sur une même ligne que les épicondyles lors de l’extension, dessine avec eux normalement un triangle dont il est le sommet en flexion. 

Le sommet de l’olécrâne, aligné avec les épicondyles en extension, doit former un triangle avec eux en flexion

La persistance de l’alignement des trois structures en flexion est en faveur d’une fracture olécrânienne.

Le coude peu apparaître un peu plus volumineux, le patient mentionne une chute récente sur le coude.

Examen comparatif de la mobilité passive des coudes 

4
Position de confort pour la palpation bilatérale des coudes

Le kinésithérapeute fait face au patient. Celui-ci pose ses mains sur les hanches du praticien, qui examine la mobilité passive en flexion, extension, prono-supination. Elle permet la recherche des mouvements de valgus-varus en extension complète, puis à 10° de flexion.

Evaluation de la laxité du sujet

Des amplitudes exagérées d’extension comme de valgus du coude sont des indicateurs de la laxité constitutionnelle de l’individu.

Repérages & palpations

Palpation des nœuds ganglionnaires supra-condyliens médiaux

1

Ils ne sont palpables qu’en cas d’infection de la main ou de l’avant-bras. La mobilisation passive douce en valgus et varus les sollicite, ce qui peut expliquer l’effet anti-oedémateux de cette manœuvre lorsqu’elle est couplée à des pressions statiques douces et poursuivie lors d’une séance (voir le descriptif en infra).

Auto-palpation de la tête radiale 

Croisez les bras. Placez index et médius sur la zone épicondylienne latérale de l’avant-bras opposé. Faites avec quelques petits mouvements de prono-supination. Vous devez ressentir le jeu de la tête radiale, grâce à son aspect palpatoire ovalaire.

Palpation de la tête radiale 

2

Longer le bord latéral de l’épicondyle. L’articulation huméro-radiale forme une dépression sous l’épicondyle latéral, la tête radiale qui lui fait suite a un aspect bombé. Réaliser des mouvements de prono-supination passifs pour sentir la tête rouler sous le ligament annulaire. Sa face antérieure est naturellement douloureuse au contact à cause du passage de la branche superficielle (sensitive) du nerf radial. 

Palpations neurales au membre supérieur


Références bibliographiques

[1] Appelboam A, Reuben AD, Benger JR, et al. Elbow extension test to rule out elbow fracture: multicentre, prospective validation and observational study of diagnostic accuracy in adults and children. BMJ. 2008 Dec 9;337:a2428.

[5] Cleland J. Examen clinique de l’appareil locomoteur: Tests, évaluation et niveaux de preuve. 2° édition. Elsevier. 2012

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s