Différences objectives entre répondeurs et non-répondeurs à la manipulation vertébrale lombaire


LBSans titre-63Quels facteurs différentient le lombalgique répondant positivement à la manipulation vertébrale du non-répondeur ?

Dans une super étude parue dans Spine [1], Wong avait mis en évidence des différences biologiques & biomécaniques entre les patients répondant à une technique Chicago et ceux pour lesquels elle était sans effet :

Lorsque la technique est efficace :

  • La raideur lombaire diminue
  • La sidération du multifide lombaire est levée
  • La capacité de diffusion de l’eau dans les disques lombaires est rétablie.

À la fin de l’étude, restait la question de savoir ce qui différentiait les deux populations…

Perso, je m’étais dit que les croyances des patients jouaient dans le résultat : un patient persuadé de l’utilité thérapeutique de la technique manuelle pourrait bénéficier d’un résultat plus positif qu’un patient jugeant que ceci est sans intérêt..

Arnold_Wong
Arnold W., gamin

Arnold Wong semble être resté sur des considérations plus anatomiques que «cérébrales» dans sa tentative d’explication parue ce mois-ci au cours d’une nouvelle étude : un rachis moins marqué par l’arthrose, des disques ayant une plus grande «teneur en eau» seraient des facteurs favorisant une réponse positive. En gros, moins il serait abimé, plus facilement il serait réparé.

Mais il semble ne pas avoir recruté suffisamment de sujets pour se prononcer plus clairement sur ces tendances…il lui en fallait 180, et il n’en a mesuré que 32…

Je reste sur ma faim, d’autant que je n’ai pas vu d’analyse des souhaits des patients et donc de réponse à ma question : «est-ce que les répondeurs considèrent plus favorablement la manipulation vertébrale que les non-répondeurs ?»..

L’étude originelle, à lire en priorité

Cette étude non-randomisée contrôlée a eu pour objectif de déterminer si les patients lombalgiques améliorés par la manipulation vertébrale diffèrent biomécaniquement des patients non-répondeurs et de sujets contrôles non traités asymptomatiques.

Contexte :

Certains patients lombalgiques rapportent une amélioration de la fonction après manipulation vertébrale. Par rapport aux non-répondeurs, des études suggèrent que les répondeurs montrent des changements significatifs dans la raideur de la colonne vertébrale, la capacité contractile du multifide et la diffusion en eau du disque lombaire.

Malheureusement, la signification de ces observations reste incertaine compte tenu des différences méthodologiques entre les études, notamment à cause d’un manque de groupes contrôles.

Méthodes :

Sujets lombalgiques et témoins ont bénéficié de trois séances de traitement échelonnées sur plus de 7 jours.

Lors des séances 1 et 2, les 32 participants lombalgiques ont reçu un traitement de manipulation vertébrale alors que les 57 sujets contrôles asymptomatiques ne l’ont pas reçu.
Lors de ces sessions, les modifications de rigidité du rachis lombaire et d’épaisseur de multifide ont été recueillies avant et après traitement et au 7° jour.

Les coefficients apparents de diffusion en eau (ADC) des disques lombaires ont été recueillis avant et après manipulation vertébrale lors de la séance 1 sur un groupe de lombalgiques traités et un groupe de 16 lombalgiques non traités.

Les lombalgiques ayant été manipulés ont été classés en sujets répondeurs et non-répondeurs au 7° jour.

Une analyse de covariance avec répétition d’expérience a été utilisée pour comparer l’ADC des répondeurs et non-répondeurs, ainsi que les variations de raideur de la colonne vertébrale lombaire et de section du multifide entre les répondeurs, les non-répondeurs et les sujets contrôles asymptomatiques.

Résultats :

A l’issue de la première séance de manipulation vertébrale, les lombalgiques répondeurs ont montré une diminution statistiquement significative de la rigidité du rachis et des augmentations de rapport d’épaisseur du multifide soutenus pendant 7 jours.

Ces résultats n’ont pas été observés dans les autres groupes. De même, seuls les répondeurs à la manipulation vertébrale ont montré une amélioration significative de de la diffusion apparente en eau du disque (ADC).

Conclusions :

Ces données impliquent qu’il existe bien des modifications biomécaniques chez les lombalgiques répondant à la manipulation vertébrale mais qu’elles ne sont pas présentes chez tous les patients lombalgiques.

Ceci fournit une base pour étudier la nature hétérogène de la lombalgie, les mécanismes sous-jacents à la réponse thérapeutique et les caractéristiques biomécaniques et d’imagerie pouvant définir ce qui différentie les différents lombalgiques.


Références bibliographiques :

Est-ce que les patients souffrant de lombalgie et répondant au traitement par manipulation vertébrale diffèrent biomécaniquement des patients n’y répondant pas, patients non traités ou sujets contrôles asymptomatiques ?[1] Wong AY et al. Do participants with low back pain who respond to spinal manipulative therapy differ biomechanically from non-responders, untreated or asymptomatic controls? Spine (Phila Pa 1976). 2015 May 27. Article sous presse

Article en accès libre

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2[2] Wong AYL, Parent EC, Dhillon SS, Prasad N, Samartzis D, Kawchuk GN. Differential patient responses to spinal manipulative therapy and their relation to spinal degeneration and post-treatment changes in disc diffusion. Eur Spine J. 2019 Feb;28(2):259-269. doi: 10.1007/s00586-018-5851-2.

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