Classifications des rachialgies selon la méthode MDT (McKenzie)

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À gauche, syndrome de dérangement. À droite les autres. Photo de Buenosia Carol sur Pexels.com

Une enquête internationale portant sur 750 patients rachialgiques a analysé la  répartition de leurs classifications et leurs préférences directionnelles.

L’analyse était réalisée par  cinquante-quatre praticiens diplômés MDT travaillant dans au moins 15 pays différents.

L’étude était prospective : le recueil des données s’est fait pour des patients pris en charge après le début de l’étude.

Méthodes 

Parmi 400 praticiens diplômés en MDT de part le monde, 54 d’entre eux ont fourni des données sur les patients qu’ils avaient évalués, classés, pris en charge (en moyenne 13,3 patients par praticien). 

Résultats 

64,8% des patients étaient lombalgiques, 29,6% cervicalgiques, 5,6% dorsalgiques. 

Un syndrome de dérangement était observé dans 75,4% des cas, un dysfonctionnement dans 1,7% des cas, un syndrome postural dans 0,1% des cas. 22,8% des patients étaient jugés comme «autres». 

Parmi ces «aliens» se retrouveraient le canal lombaire étroit, les douleurs sacro-iliaques, les lombalgies après chirurgie, les syndromes douloureux chroniques, les patients sur lesquels il n’est pas possible de conclure de façon biomécanique, les syndromes inflammatoires, les névralgies ne répondant pas au schéma classique, les anomalies structurelles (Structurally Compromised ?),… 

Dans les dérangements, 82,5% avaient une préférence directionnelle pour l’extension, 12,9% pour l’inclinaison latérale et 4,6% pour la flexion. 

Conclusion 

Le dérangement était la classification la plus courante et l’extension était de loin la préférence directionnelle la plus courante. Une proportion importante ont été classées dans des sous-groupes autres, pour lesquels la gestion est moins simple.

Commentaires

  • Ces chiffres correspondent à ce qui est classiquement admis. Cela traduit des faits cliniques ou la propension de praticiens éduqués à l’identique de délivrer des analyses similaires ?
  • Parmi les classifications autres, pas mal de conditions placées dans d’autres cases donc, chez les kinésithérapeutes non-MDT.
  • N’étant pas praticien MDT moi même, n’hésitez pas à me clasher si j’ai écrit de grosses bêtises…
  • Pas plus de 400 diplômés MDT de part le monde ? C’est la crème de la crème alors !

Références bibliographiques 

S24687812May S, Rosedale R. An international survey of the comprehensiveness of the McKenzie classification system and the proportions of classifications and directional preferences in patients with spinal pain. Musculoskelet Sci Pract. 2019 Feb;39:10-15. doi: 10.1016/j.msksp.2018.06.006

(Article en accès libre en 2019)

Articles en rapport avec le sujet

Sur les diagnostics et classifications de la lombalgie, en général

Une note précédente sur le sujet

Le niveau minimal de la formation continue nécessaire pour parvenir à un accord acceptable du système de classification McKenzie est inconnu. 

Une étude sur la concordance des diagnostics entre opérateurs MDT selon leur niveau de formation (hors certifiés et diplômés) s’est intéressée à l’estimation comparée de la lombalgie (principaux syndromes développés par McKenzie, présence d’un shift latéral, réductibilité du dérangement, préférence directionnelle, centralisation). 

Méthodes : 

Il a été comparé les évaluations de 47 praticiens formés à la méthode McKenzie et classés selon leur grade (niveaux A et B, C, D). 

Un seuil minimum de concordance avec un coefficient de kappa κ de 0,60 et son intervalle de confiance a été considéré comme niveau d’accord a priori acceptable pour une utilisation clinique. 

Résultats : 

Les évaluateurs ont examiné 1662 patients (âge moyen de 51 ± 15 ans, s’étendant entre 18 et 91 ans, dont 57% de sujets féminins). Aucun niveau de formation étudié ne permettait une concordance acceptable entre praticiens pour toutes les classifications recherchées. 

Ces concordances étaient, pour tous les niveaux de formation, globalement plus élevés que celles obtenues par simple hasard, sauf pour déterminer la présence d’un shift latéral et la possibilité de centralisation chez les praticiens de niveau A et B ainsi que pour estimer la réductibilité du dérangement pour les praticiens de niveau D. 

En prenant en compte les dispersions observées du coefficient de kappa, les concordances entre les niveaux de formation étaient similaires (chevauchement des intervalles de confiance à 95%). 

Discussion : 

L’hypothèse de départ n’est pas vérifiée. Bien sûr, la concordance entre les praticiens est majoritairement plus importante que par un simple tirage au sort (NDR : ce qui n’est pas le cas de la majorité des tests positionnels ostéopathiques, par exemple), mais aucun des niveaux de compétence ne permet d’obtenir une concordance suffisante. 

Il reste à définir pour quelle raison les praticiens, formés jusqu’au niveau D et testés lors de cette étude n’obtiennent pas les mêmes résultats favorables que ceux obtenus lors d’études précédentes, avec des praticiens certifiés et diplômés. 

Cela peut tenir aux faiblesses retrouvées dans les études précédentes. Celles-ci pouvaient reposer sur les données recueillies d’une seule paire d’évaluateurs qui examinaient peu de patients, avec une connaissance préalable de l’anamnèse avant examen clinique (NDR : peut-être aussi que le fait de préparer et réussir l’examen de compétence améliore la fiabilité). 

L’étude présente fut multicentrique, avec un grand nombre d’évaluateurs et un grand nombre de patients. En outre, les évaluations subjectives et objectives étaient séparées. 

Comme les résultats ne correspondaient pas aux attentes, les auteurs se sont livrés à une analyse secondaire dans laquelle il a pu être retrouvé, pour le syndrome principal, le shit latéral, la réductibilité et la centralisation, respectivement 2, 4, 1 et 2 paires d’examinateurs qui obtenaient un concordance avec un kappa au delà de 0,6 pour un niveau D de qualification. 

Il est donc possible que des paires d’examinateurs aient obtenu une concordance acceptable lors de certaines études, mais il ne serait pas licite pour les auteurs de l’étude présente de modifier leurs résultats en triant a posteriori en fonction des données recueillies. 

Les auteurs proposent, dans la suite de la discussion, un Top Five de mesures à prendre pour généraliser cette concordance. 

Conclusion : 

Les résultats de cette étude indiquent que le niveau de concordance inter-évaluateurs du système de classification McKenzie n’est pas acceptable pour les thérapeutes qui ont seulement suivi les 4 modules de formation et ce quel que soit le niveau. Ce constat soulève des questions quant à l’utilité clinique du système de classification McKenzie à ces niveaux de formation. 

Rédigé par Jean-Louis Estrade le Mercredi 15 Octobre 2014


Référence bibliographique : 

LargeRollover.00007632-201904010-00000.CVWerneke MW, Deutscher D, Hart DL, Stratford P, Ladin J, Weinberg J, Herbowy S, Resnik L. McKenzie lumbar classification: inter-rater agreement by physical therapists with different levels of formal McKenzie postgraduate training. Spine (Phila Pa 1976). 2014 Feb 1;39(3):E182-90. doi: 10.1097/BRS.0000000000000117. 

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