Tromper le cerveau du cervicalgique pour diminuer ses douleurs en rotation


person wearing vr goggles
Photo de Harsch Shivam sur Pexels.com

Parmi les études portant sur l’aspect antalgique de la rééducation en réalité virtuelle figurait aussi le rappel de cette étude qui m’était passée sous le nez.

Ce que dit le résumé :

« La douleur est une réponse perceptive protectrice formée par des entrées contextuelles, psychologiques et sensorielles suggérant un danger pour le corps.

Des signaux sensoriels suggérant qu’une partie du corps se déplace vers une position douloureuse peuvent signaler de manière crédible la menace et ainsi moduler la douleur.

Dans cette expérience, nous avons utilisé la réalité virtuelle pour déterminer si la manipulation d’indices visuels proprioceptifs pouvait modifier la douleur provoquée par le mouvement chez 24 personnes souffrant de cervicalgie.

Nous avons émis l’hypothèse que la douleur se produirait à un degré moindre de rotation de la tête lorsque le retour visuel surestimait la rotation réelle et à un degré de rotation plus élevé lorsque le retour visuel minimisait la rotation réelle.

Notre hypothèse a été clairement corroborée : lorsque la vision surestimait l’amplitude de rotation, la douleur apparaissait à 7% de rotation de moins que dans des conditions de retour visuel précis, et lorsque la rotation était sous-estimée, elle était ressentie à 6% de rotation de plus que dans des conditions de retour visuel précis.

Nous avons conclu que les informations visuelles proprioceptives modulaient le seuil de douleur évoquée par le mouvement, ce qui suggère que les stimuli associés à la douleur peuvent eux-mêmes déclencher la douleur. »

Commentaire

A force de ne chercher que des études contrôlées randomisées, des revues systématiques et méta-analyses, je perds des pistes thérapeutiques potentiellement intéressantes…

Elles n’ont pas force de preuves même sur le court-terme donc, on n’est pas obligé de se précipiter sur le dernier Oculus Rift vendu par la Fnac, mais l’idée est pas idiote et à rapprocher de l’expérience de Revel. En plus, elle est cosignée par ce bon vieux Lorimer Moseley.

Questions à résoudre :

  • Si je trompe pendant la séance le cerveau en minimisant les rotations perçues, est-ce que le type fera mieux son créneau en sortant du cabinet ?
  • Est-ce qu’il va décommander les futures séances ?
  • Est-ce qu’il faudra lui démontrer en le filmant pendant la séance que ses rotations sont nickels quand son cerveau n’a pas peur ? J’imagine bien l’usage que les médecins de la sécu seraient tentés d’en faire…

Références bibliographiques

Harvie DS, Broecker M, Smith RT, Meulders A, Madden VJ, Moseley GL. Bogus visual feedback alters onset of movement-evoked pain in people with neck pain. Psychol Sci. 2015;26 (4):385–392. doi:10.1177/0956797614563339

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