Sur quels lombalgiques faire de la rééducation du contrôle moteur ?


Julie Hides est une fan du multifide, depuis que Hodges l’a convaincue qu’il n’y avait pas de différence entre l’homme qui souffre et le porc qu’on torture. 

Les deux sont des adeptes de la théorie d’un contrôle moteur perturbé chez le lombalgique et sont toujours à l’affût des muscles incapables de faire leur travail.

Elle a cherché  à savoir dans une large étude rétrospective ce qui différentiait les patients répondant au traitement kiné de ceux qui n’en étaient pas améliorés, de façon à identifier des facteurs prédictifs et à les appliquer à une cohorte.

boucher devant sa boutique
Tortionnaire de porc et son image, devant sa boutique

 

Méthodes 

775 patients lombalgiques traités selon le concept du contrôle moteur ont été classés comme « améliorés » ou « non améliorés » sur la base d’une auto-déclaration (EVA et Roland-Morris). 

Les associations avec différents facteurs ont fait l’objet d’une analyse multivariée. 

Résultats 

Sans titre

Ca marche plutôt ou franchement mieux :

  • Si les patients n’ont pas de scoliose (OR = 4.0 IC95% [1.7 à 9.6]), 
  • S’il n’y a pas de douleur au pli de l’aine (OR = 2.2 IC95% [1.0 à 5.0]), 
  • Si la lombalgie était chronique et récurrente (OR = 3.1 IC95%[1.8 à 5.3])
  • Si les patients ont un mauvais recrutement du multifide (OR = 2.0 IC95%[1.1à 3.7]).

Les tests effectués secondairement ont confirmé que les patients pouvaient être classés selon des règles de prédiction clinique.

Commentaires

Les lombalgies sur scoliose ou avec irradiation au pli de l’aine doivent être différentes des lombalgies « communes ».

Le dada de Julie Hides à propos du multifide apparaît comme étant pertinent, peut être bien un peu capillo-tracté (un multifide G en L5 retrouvé faiblard…) , mais c’est la préoccupation principale de sa discussion…une grosse étude rétrospective qui accouche d’une souris et qui ne peut convaincre que les convaincus, d’autant que :

Hides retoquée par Hancock

Dans une réponse à l’éditeur à propos de cette étude, Mark Hancock considère qu’il n’est pas licite de tirer des conclusions à propos d’une étude de cohorte, qui peut juste être utile pour identifier les marqueurs pronostiques. Il est pour lui nécessaire de passer par une étude contrôlée randomisée pour déterminer si ces marqueurs sont effectivement pronostiques de l’évolution du traitement.
On va donc rester en stand-by là dessus en attendant plus informé….


Références bibliographiques 

Hides JA, Murphy M, Jang E, Blackwell L, Sexton M, Sexton C, Mendis MD. Predicting a beneficial response to motor control training in patients with low back pain: a longitudinal cohort study. Eur Spine J. 2019 Nov;28(11):2462-2469. doi: 10.1007/s00586-019-06045-7.

Articles en rapport avec le sujet

Kent, P, Hancock M.. Letter to the Editor concerning « Predicting a beneficial response to motor control training in patients with low back pain: a longitudinal cohort study » by Hides JA, et al. (Eur Spine J. 2019; doi.org/10.1007/s00586-019-06045-7). European Spine Journal. Volume 28 (10) – Aug 24, 2019

(article en accès libre)