La prise en charge de la sciatique en Grande-Bretagne : un autre monde


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Photo de Karolina Grabowska sur Pexels.com

Un excellent podcast de France Culture consacré à la carrière de Margaret Thatcher, où il est question entre autres, de la volonté de la Dame de Fer à lutter contre les «gaspillages» du National Health Service britannique. Aujourd’hui, la mise en place de ses «rationalisations» est admise par tous outre-Manche et cet article du Lancet en est un bel exemple.

Population 

Patients souffrant de sciatique.

Méthodes 

Les patients ont été recrutés dans les cabinets de médecine générale et répartis de manière aléatoire (dans la proportion de 1 pour 1) 

  • À une prise en charge en kinésithérapie après stratification à l’aide du Start Back Screening Tool
  • À une prise en charge en kinésithérapie sans stratification préalable

Dans le groupe des soins stratifiés, en fonction des conclusions du SBST, les patients ont été pris en charge dans trois groupes distincts :

  • Le groupe 1 a bénéficié de conseils et d’un soutien succincts au cours de deux séances de physiothérapie au maximum 🙂
  • Le groupe 2 a bénéficié de six séances de physiothérapie au maximum 🙂 
  • Le groupe 3 a bénéficié d’une évaluation accélérée par IRM et consultation d’un spécialiste du rachis dans les quatre semaines suivant la randomisation. 

Les analyses ont été effectuées en intention de traiter. Les coûts des soins de santé et le rapport coût-efficacité ont également été évalués.

Indicateurs

Le résultat principal était le temps de résolution des symptômes de la sciatique, défini comme « complètement guéri » ou « beaucoup mieux » sur une échelle ordinale de 6 points, recueilli par SMS ou par téléphone. 

Résultats : 

Entre le 28 mai 2015 et le 18 juillet 2017, 476 patients de 42 cabinets de médecine générale à proximité de trois centres britanniques ont été répartis au hasard entre des soins stratifiés ou des soins habituels (238 dans chaque bras). 

À 12 semaines, environ 50 % des participants des deux groupes avaient signalé une première résolution des symptômes. À la fin de la période de suivi de 12 mois, 74 % des patients dans le groupe de soins stratifiés et 71 % dans le groupe de soins habituels avaient signalé une disparition des symptômes.

Le délai médian de résolution des symptômes était de 10 semaines IC95%[6.4 à 13.6] dans le groupe de soins stratifiés et de 12 semaines IC95%[9.4-14.6] dans le groupe de soins habituels. Comme les courbes de survie ne montrent aucune différence significative entre les groupes, les auteurs en ont conclu que les soins stratifiés n’étaient pas rentables (sic transit) par rapport aux soins habituels.

Ces résultats ne justifient pas une transition vers ce modèle de soins stratifié pour les patients atteints de sciatique.

Points remaquables de la discussion 

1- Le Start Back Screening Tool a fait la preuve de sa pertinence pour la prise en charge de la lombalgie. Apparemment, pas pour la prise en charge de la sciatique.

2- La bonne amélioration obtenue par la plupart des patients dans les deux bras, y compris ceux du groupe 3 atteints de sciatique qui avaient les niveaux de base les plus élevés de douleur et d’incapacité (avec environ un cinquième dans les deux bras déclarant se rétablir dans les 4 semaines suivant la randomisation), est indicative d’une évolution naturelle et clinique globalement favorable malgré les niveaux initiaux élevés de douleur et d’incapacité.

Dans le volet des soins habituels, tous les participants ont été vus par un physiothérapeute (au moment de la randomisation), et la majorité d’entre eux ont été orientés vers un traitement de physiothérapie. Pas vu en quoi consistait cette kinésithérapie.

3- Ce modèle de recrutement a eu pour conséquence qu’une plus grande proportion de participants ont reçu plus de soins qu’ils n’en auraient reçu si les soins avaient été uniquement dirigés par leur médecin généraliste 🙂 . 

4- Il est possible que l’intervention de soins habituelle dans cet essai ait été plus efficace que les soins habituellement reçus dans le cadre de la pratique générale au Royaume-Uni 🙂

Commentaire 

C’est moi ou l’étude indique que les traitements kinés ont autant d’effet qu’un IRM et la visite chez un spécialiste du rachis ?


Références bibliographiques 

grandebretagneKika Konstantinou, Martyn Lewis, Kate M Dunn et al. Stratified Care Versus Usual Care for Management of Patients Presenting With Sciatica in Primary Care (SCOPiC): A Randomised Controlled Trial. Lancet Rheumatol. 2020 Jun 25;2(7):e401-e411. doi: 10.1016/S2665-9913(20)30099-0.

(article en accès libre)

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